ARBRE

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La distinction entre arbre et herbe remonte Ă  une antiquitĂ© Ă©loignĂ©e. ThĂ©ophraste (vers 300 av. J.-C.) en avait dĂ©jĂ  fait la base de sa classification des vĂ©gĂ©taux, non sans quelque raison Ă  en croire d’actuels botanistes. On sait que Hutchinson (1938) n’a pas hĂ©sitĂ© Ă  scinder plusieurs ordres, Ă©tablis traditionnellement d’aprĂšs la structure florale, en groupes dĂ©limitĂ©s d’aprĂšs le port herbacĂ© ou ligneux des plantes qui les composent.

En rĂ©alitĂ©, une dĂ©finition prĂ©cise de l’«arbre» est difficile Ă  donner; cette notion, prise au sens commun, recouvre un certain nombre de concepts voisins mais non identiques.

Dans sa classification des types biologiques, Raunkiaer (1905) emploie comme critĂšre «bourgeons Ă  plus de 25 centimĂštres de la terre» pour regrouper certains vĂ©gĂ©taux en la catĂ©gorie des PhanĂ©rophytes . Bien entendu, ce groupe comprend essentiellement les arbres, mais aussi quelques plantes herbacĂ©es de grande taille (bananiers, bambous, CactacĂ©es...) et les lianes. Inversement, des vĂ©gĂ©taux ligneux de faible taille, comme les saules nains qui rampent Ă  la surface du sol, n’entrent pas dans cette catĂ©gorie.

Au contraire, les forestiers, comme AubrĂ©ville (1965), distinguent «la grande classe des herbacĂ©es s’opposant, au propre et au figurĂ©, Ă  celle des vĂ©gĂ©taux ligneux». Le critĂšre retenu est ici autant la taille que la structure, herbacĂ©e ou ligneuse.

Cette difficultĂ© de dĂ©limiter convenablement l’arbre et le phanĂ©rophyte se manifeste pleinement dans le cas de ce qu’ Emberger a appelĂ© les «PhanĂ©rophytes scapeux». Il s’agit de plantes des montagnes tropicales appartenant aux familles Ă©voluĂ©es des LobĂ©liacĂ©es et des ComposĂ©es. Vivaces, elles Ă©difient un pseudo-tronc entourĂ© des bases persistantes des feuilles et portent Ă  leur sommet une Ă©norme inflorescence. Sont-ce des plantes herbacĂ©es gĂ©antes ou des arbres vĂ©ritables? Les avis des botanistes sont partagĂ©s sur ce point.

1. L’arbre adulte

Son aspect

Souvent, mĂȘme lorsqu’il est dĂ©feuillĂ©, on peut reconnaĂźtre un arbre Ă  son port. Ce caractĂšre physionomique tient Ă  plusieurs causes: taille et forme du tronc, angles que forment les branches entre elles, importance relative des rameaux...

Notons qu’il ne se manifeste bien que lorsque l’arbre est relativement isolĂ©. En forĂȘt, par la suite de phĂ©nomĂšnes de compĂ©tition, les troncs sont gĂ©nĂ©ralement plus allongĂ©s et les branches plus rĂ©duites.

L’axe primaire des plantes ligneuses, ou tronc , peut ĂȘtre rĂ©duit en hauteur, comme chez l’aubĂ©pine, alors que ses branches latĂ©rales ont une grande extension; c’est ce que nous nommerons la forme «buisson» . Il peut ĂȘtre bien dĂ©veloppĂ© – forme «arbre» –, restant individualisĂ© jusqu’au sommet de l’arbre (rĂ©sineux) ou disparaissant apparemment au-dessus des premiĂšres branches qui deviennent aussi grosses que lui (pommier, etc.). On a parlĂ©, dans le premier cas, de tronc excurrent et, dans le second, de tronc dĂ©liquescent . Les branches, elles, forment la ramure , la cime , ou le houppier comme disent les forestiers, et portent rameaux et ramilles .

Certains ports sont cependant typiques. Lorsque le tronc porte Ă  son sommet une couronne de grandes feuilles, sans branches latĂ©rales, on parle d’arbre monocaule (papayer). Si les feuilles ne tombent que par cassure de leur base (et non par une zone d’abcission), il restera sur le tronc une gaine formĂ©e par l’extrĂȘme base de ces feuilles (certains palmiers); un tel tronc est nommĂ© stipe . Remarquons, sans pouvoir le dĂ©velopper ici, que la monocaulie est souvent considĂ©rĂ©e, Ă  la suite des travaux de Corner, comme primitive (cf. figure).

GĂ©nĂ©ralement le tronc est ramifiĂ©. Cette disposition est l’effet de deux phĂ©nomĂšnes diffĂ©rents: le tronc peut cesser brusquement de croĂźtre au profit de bourgeons axillaires sous-jacents; ce phĂ©nomĂšne Ă  rĂ©pĂ©tition aboutit Ă  une structure en «petits bouquets» (Anthocleista ). Ou bien le tronc peut cesser pour un temps de fonctionner alors que se forment des rameaux latĂ©raux, puis reprendre son activitĂ©; on obtient dans ce cas un arbre «à Ă©tages». Le plus souvent, la ramification aĂ©rienne ne manifeste pas de structure trĂšs nette. Il est cependant souvent possible de distinguer deux types de rameaux. Les uns s’allongent beaucoup; les autres, tout en croissant chaque annĂ©e, ne le font que par des entre-nƓuds trĂšs courts, ne se ramifient pas, et peuvent se transformer en certains cas en une Ă©pine (aubĂ©pine, Gleditsia ).

Le port d’un arbre tient Ă©galement aux proportions relatives du tronc et de la cime. Certaines BombacacĂ©es (baobabs, Chorisia ) ont un tronc Ă©norme par rapport au houppier qui peut se rĂ©duire Ă  quelques branches (Cavanillesia , Adenium ), ce qui a fait surnommer ces arbres arbres-bouteilles . La forme de la cime, elle-mĂȘme, est souvent caractĂ©ristique, arrondie (chĂȘne) ou Ă©lancĂ©e (peuplier d’Italie). Notons le port des «arbres pleureurs», Ă  longs rameaux souples (saule de Babylone), ou Ă  rameaux rigides arquĂ©s vers le bas (Sophora ).

Il faut signaler un trait morphologique qui se rencontre essentiellement dans les arbres tropicaux, la formation d’organes latĂ©raux de support. Ce sont des racines aĂ©riennes issues des branches (figuier banyan), ou les racines Ă©mises par le tronc («racines Ă©chasses») des Uapaca . Ce peut ĂȘtre aussi des Ă©paississements localisĂ©s de la base du tronc qui jouent le rĂŽle de contreforts , de taille quelquefois considĂ©rable (Mora excelsa ). Les racines superficielles se dĂ©veloppent parfois de façon fortement asymĂ©trique, leur partie supĂ©rieure sortant du sol et donnant des «racines palettes», qui consolident l’arbre (Piptadenia africana ). Chez certaines fougĂšres arborescentes (CyathĂ©acĂ©es), on remarque des Ă©chasses latĂ©rales qui s’enfoncent dans le sol, puis donnent naissance Ă  de nouveaux individus. F. HallĂ© a pu montrer rĂ©cemment (1966) que ces formations sont des tiges d’un caractĂšre trĂšs particulier, comparables aux stolons de quelques plantes herbacĂ©es.

Certains arbres tropicaux possĂšdent Ă©galement des excroissances radiculaires qui sortent du sol (Avicennia ) ou des coudes aĂ©riens formĂ©s par les racines (Bruguiera ): les pneumatophores . Leur rĂŽle, mal connu, est peut-ĂȘtre d’aider Ă  la respiration des racines, les arbres en question poussant dans des milieux vaseux asphyxiques.

La taille, autre caractĂ©ristique importante, ne correspond pas toujours Ă  la hauteur au-dessus du sol: un pied unique de myrtilles peut couvrir une superficie de plusieurs dizaines de mĂštres carrĂ©s bien que sa hauteur ne dĂ©passe pas 60 centimĂštres. Dans de moindres proportions, une telle diffĂ©rence est la rĂšgle gĂ©nĂ©rale dans la forme «buisson». Les arbres les plus hauts (Eucalyptus regnans , Sequoia gigantea ) peuvent atteindre de 110 Ă  120 mĂštres, la hauteur de 170 mĂštres attribuĂ©e parfois au premier relevant d’un mythe. En Europe, les sapins et les chĂȘnes peuvent, de façon exceptionnelle, s’élever entre 40 et 50 mĂštres; c’est la taille moyenne des arbres de la forĂȘt tropicale (strate supĂ©rieure).

Sa biologie

Les arbres peuvent atteindre un Ăąge fort avancĂ©. On sait que les sĂ©quoias vivent couramment plus de 5 000 ans. Dans nos pays, on attribue Ă  un if, plantĂ© Ă  Krombach (Allemagne), quelque 2 000 ans. GĂ©nĂ©ralement la vie d’un arbre est plus courte, de 150 Ă  200 ans pour le hĂȘtre, de 300 Ă  350 pour le chĂȘne rouvre ou le sapin, une centaine d’annĂ©es seulement pour le bouleau ou le tremble.

Cette longĂ©vitĂ© est hors de proportion avec celle des plantes herbacĂ©es (mis Ă  part les CactacĂ©es et certaines Liliales) vivaces ne subsistant que par la production, chaque annĂ©e, de nouveaux individus (stolons Ă  multiplication vĂ©gĂ©tative, bulbilles). D’aprĂšs Mac Gregor Skene (1955), le pin a ses premiĂšres fleurs Ă  15 ans, le hĂȘtre et le chĂȘne Ă  40 ans, le sapin Ă  60 ans. Selon de nombreux botanistes, une telle lenteur dans la reproduction sexuĂ©e des arbres a pour consĂ©quence une grande lenteur dans l’évolution des plantes ligneuses. Pour eux, les arbres actuels reprĂ©senteraient des formes vĂ©gĂ©tales ancestrales par rapport aux plantes herbacĂ©es: il y a eu en effet soixante fois plus de gĂ©nĂ©rations, et donc de possibilitĂ©s de mutations ou changements chromosomiques dans la lignĂ©e d’une plante annuelle que dans celle d’un sapin.

Si la floraison est annuelle, il n’en est pas de mĂȘme pour le rythme de feuillaison et de dĂ©foliation. Dans la gĂ©nĂ©ralitĂ© des arbres «feuillus» de nos rĂ©gions, les feuilles tombent chaque annĂ©e, avec les froids prĂ©-hivernaux. Il en est de mĂȘme pour les arbres de la forĂȘt semi-dĂ©cidue ou dĂ©cidue des rĂ©gions tropicales, mais, dans ce cas, la dĂ©foliation est causĂ©e par le manque d’eau, notamment par la diminution de la vapeur d’eau atmosphĂ©rique.

Cependant, certains arbres ont des feuilles marcescentes qui sĂšchent et persistent assez avant en hiver (chĂȘne); d’autres, des feuilles persistantes (conifĂšres, arbres tropicaux de la forĂȘt dense). En rĂ©alitĂ©, ces derniĂšres ne durent pas plus de deux ou trois saisons, et seule leur chute Ă©chelonnĂ©e dans le temps donne l’illusion contraire.

Toutes les feuilles ne tombent pas de la mĂȘme maniĂšre. Les mĂ©gaphylles (Corner) laissent souvent une importante base foliaire qui protĂ©gera le tronc en se dessĂ©chant. Dans d’autres cas (saules de Laponie), c’est le rameau de l’annĂ©e tout entier qui tombe aux premiĂšres gelĂ©es. Ce phĂ©nomĂšne est souvent qualifiĂ© de dĂ©curtation .

Les cycles vĂ©gĂ©tatifs, s’ils sont commandĂ©s en grande partie par les conditions du milieu externe, n’en dĂ©pendent pas entiĂšrement. En effet, il peut se surajouter, surtout dans les rĂ©gions tropicales, un rythme endogĂšne: Faidherbia albida est une lĂ©gumineuse qui porte fleurs et feuilles en saison sĂšche. Ce phĂ©nomĂšne n’affecte dans certains cas que des rameaux privilĂ©giĂ©s. Il est banal de voir sur le mĂȘme arbre des rameaux dĂ©feuillĂ©s, d’autres en pleine floraison, d’autres encore portant des feuilles. Il n’en est jamais ainsi chez les arbres Ă  rameaux Ă©quivalents qui prĂ©sentent souvent une impressionnante simultanĂ©itĂ© biologique; tous leurs rameaux latĂ©raux suivent les mĂȘmes phases au mĂȘme moment.

Un autre phĂ©nomĂšne d’origine endogĂšne se manifeste encore de façon spectaculaire: la ramification rythmique («flush» des auteurs anglo-saxons). Il s’agit d’une pĂ©riodicitĂ© dans l’émission des productions latĂ©rales (feuilles, rameaux) et dans l’élongation de l’axe principal. L’aspect mĂȘme des productions latĂ©rales peut varier; c’est ainsi qu’à une croissance ralentie de la branche correspondra la formation de feuilles rĂ©duites Ă  des Ă©cailles, Ă  une croissance vigoureuse de l’axe, la formation de feuilles bien dĂ©veloppĂ©es. Ce phĂ©nomĂšne, encore assez mal connu surtout quant Ă  son dĂ©terminisme (liĂ© Ă©galement Ă  des rythmes trophiques et Ă  des rythmes auxiniques, semble-t-il), peut ĂȘtre rapprochĂ© de la formation pĂ©riodique de bourgeons chez les arbres des rĂ©gions tempĂ©rĂ©es.

2. DĂ©veloppement et structure

Morphologie du développement

On connaĂźt le mode de ramification des plantes herbacĂ©es dont les bourgeons axillaires se dĂ©veloppent, assurant la ramification de l’herbe. Celle des vĂ©gĂ©taux ligneux est beaucoup plus complexe et aboutit Ă  la crĂ©ation des silhouettes caractĂ©ristiques que nous avons dĂ©crites.

La forme «arbre»

Les arbres monocaules sont Ă©difiĂ©s par le fonctionnement d’un mĂ©ristĂšme unique, gĂ©nĂ©ralement de grande taille (les bourgeons axillaires Ă©tant constamment inhibĂ©s), qui fonctionne rĂ©guliĂšrement pendant la vie de l’arbre. AprĂšs une assez longue durĂ©e (plusieurs dizaines d’annĂ©es parfois), il se transforme brusquement en une inflorescence terminale unique qui prĂ©ludera gĂ©nĂ©ralement Ă  la mort de l’arbre (Corypha par exemple). Parfois, cependant, cette transformation permettra le dĂ©veloppement de bourgeons axillaires qui assureront la survie de l’arbre. Ce relais peut ĂȘtre pris par des bourgeons proches du sommet, comme chez Jatropha multifida (ramification sympodiale), ou par les bourgeons les plus basaux (cas des palmiers Raphia , Korthalsia , Plectocomia) .

Les arbres monocaules à inflorescences latérales diffÚrent des arbres ramifiés par la nature uniquement inflorescentielle des bourgeons axillaires.

Pour les arbres ramifiĂ©s , la morphogenĂšse suit des voies plus complexes. Pendant les premiĂšres annĂ©es de son existence, la plante croĂźt vigoureusement par son bourgeon apical, les bourgeons axillaires restant totalement inhibĂ©s. On a un Ă©tat monocaule transitoire qui permet la formation d’un tronc, caractĂ©ristique de ce type biologique.

Dans un stade ultĂ©rieur, les derniers bourgeons axillaires parus prennent un faible dĂ©veloppement. Cependant, ils n’ont pas une vigueur suffisante pour Ă©difier de vĂ©ritables rameaux latĂ©raux et ne tardent pas Ă  tomber. Entre la 5e et la 12e annĂ©e, les bourgeons axillaires du scion terminal se dĂ©veloppent vigoureusement, les plus prĂšs du sommet Ă©tant les plus longs. Ce phĂ©nomĂšne se reproduira tous les ans sur l’axe principal de la plante et sur ses rameaux latĂ©raux, construisant le systĂšme de branches d’ordre croissant.

Les branches latĂ©rales n’ont pas exactement la mĂȘme structure que la pousse terminale. Cette derniĂšre manifeste une symĂ©trie radiale: elle est circulaire en section transversale, et ses appendices, feuilles et rameaux, sont de taille Ă©gale. Au contraire, les pousses latĂ©rales ont une symĂ©trie bilatĂ©rale qui se traduit par la section transversale elliptique du rameau, et une diffĂ©rence de taille des feuilles, des bourgeons axillaires et des rameaux latĂ©raux, selon que ces organes sont sur la face supĂ©rieure ou la face infĂ©rieure; celle-ci Ă©tant toujours favorisĂ©e, il y a hypotonie . Cette hypotonie se montre nettement en pĂ©riode de repos vĂ©gĂ©tatif, les bourgeons de la face regardant le sol sont les plus gros, et, au printemps, ce sont eux qui s’ouvriront les premiers.

En bref, la forme «arbre» (non monocaule) est caractérisée par son hypotonie et son acrotonie (dominance du bourgeon apical sur les bourgeons latéraux).

La forme «buisson»

DÚs la premiÚre année, les bourgeons axillaires sont volumineux et fortement développés.

La deuxiĂšme annĂ©e, tandis que le rameau terminal continue Ă  s’allonger en formant sur ses cĂŽtĂ©s d’autres productions latĂ©rales, ces bourgeons se dĂ©veloppent d’autant plus qu’ils sont plus loin du sommet du rameau principal. C’est donc Ă  la base de la plante que la ramification est la plus active; il y a basitonie . Ce processus se rĂ©pĂ©tera chaque annĂ©e sur chaque rameau.

En rĂ©alitĂ©, dans un assez grand nombre d’espĂšces, et notamment dans les «arbres» fruitiers europĂ©ens, il y a une combinaison de basitonie et d’acrotonie. La jeune plante est basitone, mais rapidement la plupart de ses rameaux latĂ©raux abandonnent leur port oblique et se redressent, acquiĂšrent Ă  leur sommet un pouvoir de ramification certain. C’est alors la rĂ©gion mĂ©diane qui est dĂ©pourvue de bourgeons capables de croissance; il y a mĂ©sotonie . On conçoit que la «taille» des rameaux infĂ©rieurs (gourmands) favorise la pousse des rameaux supĂ©rieurs.

D’autre part, les rameaux latĂ©raux et ceux qu’ils engendreront, de mĂȘme, montrent une structure dorsiventrale, par leur section transversale et la taille de leurs appendices. Contrairement Ă  ce que l’on avait dans la forme «arbre», c’est la face supĂ©rieure qui est dominante, qui porte les appendices les plus gros et les plus aptes Ă  se dĂ©velopper. Cette constatation est Ă  la base de la technique horticole de l’arcure.

D’une façon gĂ©nĂ©rale, la ramification s’effectuant de maniĂšre diffĂ©rente dans la forme «arbre» et dans la forme «buisson», elle se caractĂ©rise pourtant par l’asymĂ©trie de ses rameaux latĂ©raux et de leurs productions. Cette bilatĂ©ralitĂ©, si elle existe dans quelques plantes herbacĂ©es, n’y est pas commune.

Anatomie du développement

L’important accroissement en Ă©paisseur qui aboutit Ă  la formation du tronc et des branches rĂ©sulte de phĂ©nomĂšnes anatomiques qui compliquent la structure primaire de la plantule, mais selon des modalitĂ©s diverses.

Chez les DicotylĂ©dones , il apparaĂźt deux couches gĂ©nĂ©ratrices concentriques. Le cambium externe produit une couche de liĂšge centrifuge interrompue seulement par les lenticelles. Parfois, au cours des annĂ©es, ce cambium ne fait que fournir de nouvelles couches de liĂšge (hĂȘtre, orme), mais, gĂ©nĂ©ralement, il cesse de fonctionner aprĂšs un an ou deux et il est relayĂ© en profondeur par de nouvelles assises gĂ©nĂ©ratrices. Cette subĂ©rification qui va s’approfondissant forme une enveloppe externe de tissus morts: le rhytidome .

SimultanĂ©ment, un second cambium, l’assise gĂ©nĂ©ratrice libĂ©ro-ligneuse, plus interne, forme du bois centripĂšde et du liber secondaire. Sans insister ici sur la structure parfois complexe de ces tissus, disons que le nombre de couches du liber secondaire varie suivant les conditions Ă©cologiques, l’ñge et l’espĂšce de l’arbre. Classiquement, on affirme que, chaque annĂ©e, il se produit une couche de bois secondaire. En rĂ©alitĂ©, les Ă©tudes rĂ©centes (Bunning, Allary notamment) ont montrĂ© que chaque «flush» formait, par activation du cambium, un anneau de bois. C’est ainsi que, chez le chĂȘne, les pousses de la Saint-Jean provoquent la formation d’un anneau surnumĂ©raire. Dans les arbres tropicaux Ă  croissance rythmique, comme l’hĂ©vĂ©a, quatre ou cinq couches peuvent se superposer chaque annĂ©e.

Les couches les plus internes du bois s’enrichissent en matiĂšres colorantes, en tannins et en Ă©lĂ©ments minĂ©raux, perdent leur eau et leur amidon, deviennent plus denses; c’est ce que l’on appelle le cƓur , par opposition Ă  l’aubier , bois plus superficiel. Remarquons que cette transformation est peu visible chez quelques arbres tempĂ©rĂ©s (bouleau, Ă©rable) et la plupart des arbres tropicaux.

Chez les MonocotylĂ©dones , les phĂ©nomĂšnes de la croissance en Ă©paisseur sont fort diffĂ©rents. L’épaississement du tronc correspond Ă  la juxtaposition de faisceaux libĂ©ro-ligneux nouveaux Ă  ceux qui se sont formĂ©s antĂ©rieurement. Ces faisceaux s’entrelacent de façon complexe, diffĂ©rente selon que l’apex caulinaire est saillant ou dĂ©primĂ©.

Cependant, certaines manifestent une faible activitĂ© cambiale au niveau des faisceaux (cambium intrafasciculaire). Chez quelques Liliales (Dracaena , Testudinaria ), il existe une zone, juste Ă  l’extĂ©rieur du cylindre central, oĂč se diffĂ©rencient de trĂšs nombreux faisceaux plus ou moins concentriques. Des botanistes (Lindinger) y ont reconnu une pĂ©riodicitĂ© de fonctionnement comparable Ă  celle des cambiums des DicotylĂ©dones .

Chez les FougĂšres , enfin (certaines CyathĂ©acĂ©es atteignent 20 mĂštres de hauteur), le tronc a une structure extrĂȘmement confuse, Ă©difiĂ©e Ă  partir d’une anatomie dictyostĂ©lique. Les traces vasculaires descendant des frondes sont nombreuses et entremĂȘlĂ©es. Il s’y ajoute un important rĂ©seau de faisceaux intramĂ©dullaires, faisceaux apparaissant quand la jeune fougĂšre possĂšde une dizaine de feuilles. De nombreuses racines adventives courent Ă  la surface du tronc et le consolident.

3. Écologie

La rĂ©partition des arbres en altitude et en latitude est Ă©troitement liĂ©e au climat. Dans les rĂ©gions chaudes tropicales et subtropicales, les arbres poussent partout oĂč la sĂ©cheresse de l’air et du sol ne les en empĂȘche pas (bordures des dĂ©serts chauds). Les arbres des savanes et des caatingas se sont adaptĂ©s Ă  ce milieu relativement sec; ils possĂšdent un rhytidome trĂšs Ă©pais, des feuilles Ă©paisses souvent recouvertes de cire, ou charnues, et leur tronc tortueux contraste avec le port Ă©lancĂ© des arbres de la forĂȘt dense. D’autres possĂšdent de vĂ©ritables rĂ©serves d’eau dans leur tronc (arbres-bouteilles). Sur les montagnes et dans les rĂ©gions froides du globe, c’est la tempĂ©rature qui limite l’aire des arbres. De taille gĂ©nĂ©ralement faible, ils ont souvent de petites feuilles enroulĂ©es sur elles-mĂȘmes (ÉricacĂ©es). Une corrĂ©lation nette existe entre les limites altitudinales et latitudinales des arbres. Dans les rĂ©gions tropicales, la forĂȘt peut atteindre 4 000 m (Ruwenzori, Himalaya); dans les Alpes, elle ne dĂ©passe guĂšre 2 200 m; dans les Carpates du Nord, 1 550 m; et dans le centre de la SuĂšde, 1 000 m. On sait que tout au Nord (Labrador, Laponie), mĂȘme au niveau de la mer, elle cĂšde la place Ă  la toundra arctique. L’influence de la taille des massifs est Ă©galement certaine; plus la montagne est haute, plus la limite supĂ©rieure des arbres l’est. Ce phĂ©nomĂšne se voit bien en Suisse: la forĂȘt des PrĂ©alpes (Santis, Pilate) hautes de 2 000 Ă  2 500 m ne dĂ©passe pas 1 650 m; celle des Alpes (Valais, Bernina), qui culminent Ă  plus de 4 000 m, atteint 2 500 m.

Toutes les familles ou espĂšces ligneuses ne sont pas Ă©galement adaptĂ©es aux mĂȘmes climats. Les aires des Palmiers (tropicaux), de Fagus et de Nothofagus (tempĂ©rĂ©s) et d’Alnus viridis (borĂ©al) le montrent bien.

On remarquera que l’aulne vert se situe dans les Alpes Ă  une altitude plus Ă©levĂ©e que le hĂȘtre, de mĂȘme son aire gĂ©nĂ©rale est plus nordique.

D’autre part, les forĂȘts se comportent tout autrement que de simples juxtapositions d’arbres. Leur feuillage crĂ©e un microclimat Ă  pĂ©riodicitĂ© rĂ©guliĂšre, tant par leur ombre que par l’intense Ă©vaporation due Ă  sa formidable surface. Quand il tombe, formant la litiĂšre, il restitue au sol une quantitĂ© importante des Ă©lĂ©ments qu’y avait puisĂ©s l’arbre pour assurer sa croissance et il apporte des ions nouveaux grĂące Ă  l’assimilation chlorophyllienne (cf. tableau).

Les arbres isolĂ©s, cependant, constituent une micro-formation qui n’est pas sans importance pour leurs voisins. Qu’un arbre vienne Ă  s’installer dans un dĂ©frichement, il ne tarde pas Ă  ĂȘtre entourĂ© de tout un cortĂšge de plantes de sous-bois, croissant grĂące Ă  son microclimat. C’est Ă  un phĂ©nomĂšne de cet ordre qu’est due la savane «à boqueteaux» de certaines rĂ©gions tropicales, chaque bosquet ayant un arbre comme origine.

Les ensembles qui accompagnent les arbres comprennent aussi de nombreuses espĂšces Ă©piphytes, parasites ou saprophytes. Les Ă©piphytes y sont beaucoup plus rares que dans la forĂȘt, Ă  moins qu’ils ne soient aptes Ă  supporter une sĂ©cheresse relative et une luminositĂ© plus forte (BromĂ©liacĂ©es). Les Cryptogames ne sont pas les mĂȘmes. Dans une hĂȘtraie humide de nos rĂ©gions, on rencontrera sur le tronc des arbres peu de lichens (Sticta , Nephromium ) et de nombreuses mousses et hĂ©patiques (Isothecium , Orthotrichum , Tetraphis , Phagiochila , Radula , Metzgeria ); des hĂȘtres isolĂ©s porteront d’autres genres (Evernia , Xanthoria , Ramalina , Thuidium , Neckera , Barbula , Amblystegium , Lophocolea , Madotheca ).

Signalons Ă©galement que les arbres abritent toute une faune qui leur est propre. Sans parler des oiseaux, des adaptations prĂ©cises permettent cet habitat Ă  des mammifĂšres (le rongeur Anomalurus Ă  queue prenante; l’écureuil volant, Sciuropterus ), Ă  des batraciens dont les tĂȘtards se dĂ©veloppent dans l’eau retenue par des bases foliaires (Leptodactylus ) et Ă  des reptiles nombreux. Une infinitĂ© d’insectes y trouvent mĂȘme le gĂźte et le couvert; les xylophages, dans nos rĂ©gions, sont des ColĂ©optĂšres (bostryches, cĂ©rambides) ou des HymĂ©noptĂšres (Sirex ), les phytophages, des chenilles de LĂ©pidoptĂšres ou des ColĂ©optĂšres (orcheste, galĂ©ruque). Beaucoup de larves de DiptĂšres et d’HĂ©miptĂšres se dĂ©veloppent dans des galles sur des feuilles ou des tiges.

Au niveau de la litiĂšre, le rĂŽle des animaux n’est pas moins important (rhizopodes, lombricides), alliĂ© Ă  celui des champignons, souvent mycorhiziens. Il ne diffĂšre guĂšre, si ce n’est par son ampleur, pour un arbre isolĂ© et pour une forĂȘt.

arbre [ arbr ] n. m.
‱ 1080; lat. arbor, oris
I ♩ VĂ©gĂ©tal pouvant atteindre des dimensions et un Ăąge considĂ©rables, dont la tige ligneuse se ramifie Ă  partir d'une certaine hauteur au-dessus du sol.
♱ Bot. VĂ©gĂ©tal ligneux qui possĂšde un tronc et qui, dans son plein dĂ©veloppement, dĂ©passe huit mĂštres de haut. Étude des arbres. ⇒ dendrologie.
♱ Cour. Petit arbre, jeune arbre. ⇒ arbuste. Les racines, la tige (⇒ fĂ»t, tronc) , les branches, les feuilles d'un arbre. Collet, pied de l'arbre. Un tronc d'arbre prĂ©sente trois parties : le canal mĂ©dullaire (⇒ moelle) , le bois (⇒ cerne, cƓur, duramen ) , l'Ă©corce (⇒ aubier, liber) . Branche d'arbre. ⇒ branchage, branche, fourche, rameau, ramille, ramure. Le feuillage de l'arbre. ⇒ feuille, frondaison, verdure. À l'ombre d'un arbre. ⇒ 1. couvert, ombrage. Le sommet de l'arbre. ⇒ cime, faĂźte, houppier. L'aspect, la forme de l'arbre. ⇒ 2. port; taille. Arbre en espalier. Arbre en fleur. Arbre qui bourgeonne (⇒ bourgeon) , reverdit (⇒ feuillaison) , perd ses feuilles (⇒ dĂ©foliation) . « Le bel arbre maintenant dĂ©pouillĂ© de ses feuilles, dĂ©ployait, nue et noire sous le ciel, sa puissante et fine membrure » (France). Arbre Ă  feuilles persistantes (⇒ sempervirent, vert) , Ă  feuilles caduques. EspĂšces d'arbres. ⇒ essence. Arbre feuillu, gommeux, rĂ©sineux (⇒ conifĂšre) . Arbre nain. ⇒ bonsaĂŻ. Arbre branchu, fourchu, moussu, noueux. Arbre centenaire. Arbre creux, foudroyĂ©, mort. Arbre fossile (⇒ palĂ©obotanique) . Culture des arbres. ⇒ arboriculture, sylviculture; arboretum, pĂ©piniĂšre. Arbre fruitier. ⇒ verger. Arbre d'agrĂ©ment, d'ornement. Arbre isolĂ©. Lieu plantĂ© d'arbres. ⇒ bocage, bois, boqueteau, bosquet, forĂȘt, futaie, taillis. Arbre d'alignement. Rideau, allĂ©e d'arbres. ⇒ avenue, charmille, haie, mail. Traitement des arbres (⇒ baguer, chauler, Ă©borgner, Ă©bourgeonner, Ă©brancher, Ă©corcer, Ă©laguer, Ă©monder, greffer , scarifier, tailler) . Planter des arbres. ⇒ boiser, reboiser. Abattre les arbres (⇒ bois, 2. coupe, grume, souche; dĂ©boiser) . RepĂ©rer, marquer les arbres (⇒ baliveau, lais, tĂ©moin) . Arbre cornier, de lisiĂšre. — Monter dans un arbre, grimper aux arbres. « MaĂźtre Corbeau, sur un arbre perchĂ© » (La Fontaine). — Arbre Ă  palabres, sous lequel on se rĂ©unit en Afrique. — Arbre Ă  caoutchouc. ⇒ hĂ©vĂ©a. Arbre Ă  pain. ⇒ artocarpe. Arbre du voyageur. ⇒ ravenala. Arbre de JudĂ©e. ⇒ gainier.
♱ PROV. Entre l'arbre et l'Ă©corce il ne faut pas mettre le doigt : il ne faut pas s'immiscer dans une affaire oĂč il y a des intĂ©rĂȘts contradictoires. Il ne faut pas juger de l'arbre par l'Ă©corce. Couper l'arbre pour avoir le fruit : supprimer une source de profit pour un avantage immĂ©diat (cf. Tuer la poule aux Ɠufs d'or). C'est au fruit qu'on connaĂźt l'arbre : c'est Ă  l'Ɠuvre, au rĂ©sultat, qu'on peut juger l'auteur. « Ce n'est que d'aprĂšs les fruits que je me suis permis de juger l'arbre » (Sainte-Beuve). Les arbres cachent la forĂȘt.
♱ Anciennt Arbre de la libertĂ© : arbre plantĂ© sur une place publique comme symbole d'Ă©mancipation. — Arbre de mai.
♱ Arbre de NoĂ«l : sapin ou branche de sapin auquel on suspend des jouets, des dĂ©corations, Ă  NoĂ«l.
♱ Bible L'arbre de vie : arbre du paradis terrestre dont le fruit eĂ»t conservĂ© la vie Ă  l'homme avec son innocence. L'arbre de la science du bien et du mal : l'arbre au fruit dĂ©fendu.
II ♩ Par anal.
1 ♩ Arbre de la croix : la croix oĂč fut attachĂ© JĂ©sus.
2 ♩ Axe qui reçoit ou transmet un mouvement de rotation. Arbre moteur, arbre manivelle. ⇒ vilebrequin. Arbre Ă  cames. ⇒ 1. came. RĂ©unir deux arbres par un embrayage, un accouplement. Mar. Arbre de couche, qui transmet le mouvement des machines aux propulseurs. Arbre d'hĂ©lice d'un navire.
III ♩ Ce qui a l'apparence d'un arbre.
1 ♩ Anat. Arbre de vie : arborisation que prĂ©sente la coupe longitudinale du cervelet. Arbre bronchique.
2 ♩ Alchim., chim. anc. Nom d'arborisations. Arbre des philosophes : le mercure.
3 ♩ Arbre gĂ©nĂ©alogique : figure reprĂ©sentant un arbre dont les ramifications montrent la filiation des diverses branches d'une mĂȘme famille (et fig. une Ă©volution).
4 ♩ Didact. SchĂ©ma reprĂ©sentant des chemins et des bifurcations. — Math. Graphe connexe, non orientĂ© et sans cycle, utilisĂ© pour reprĂ©senter les problĂšmes de filiation et de dĂ©nombrement. — Ling. ReprĂ©sentation graphique de la structure d'une phrase en constituants immĂ©diats, selon des classes syntagmatiques (grammaire transformationnelle). Classification en arbre, prĂ©sentation des sens d'un mot selon cette structure.

● arbre nom masculin (latin arbor, -oris) VĂ©gĂ©tal vivace, ligneux, rameux, atteignant au moins 7 m de hauteur et ne portant de branches durables qu'Ă  une certaine distance du sol. Figure arborescente servant Ă  reprĂ©senter schĂ©matiquement les filiations entre les Ă©lĂ©ments d'un ensemble : Arbre gĂ©nĂ©alogique. Chimie Nom donnĂ© Ă  divers dĂ©pĂŽts mĂ©talliques prĂ©sentant la forme d'arborisations. ÉlectricitĂ© Ensemble connexe de branches reliant tous les nƓuds d'un rĂ©seau sans former de boucle. Informatique ReprĂ©sentation d'un programme, ou d'un algorithme, sous la forme d'un graphe faisant apparaĂźtre les diverses sĂ©quences de calcul, leurs enchaĂźnements et les aiguillages entre ces sĂ©quences. Linguistique ReprĂ©sentation graphique de la structure en constituants d'une phrase. MathĂ©matiques En thĂ©orie des graphes, graphe connexe et dont la condition d'unicitĂ© des chemins depuis la source implique l'absence de cycle et de circuit. MĂ©canique PiĂšce de rĂ©volution utilisĂ©e pour transmettre un mouvement de rotation. ● arbre (citations) nom masculin (latin arbor, -oris) Jacques BĂ©nigne Bossuet Dijon 1627-Paris 1704 Est-ce lĂ  ce grand arbre qui portait son faĂźte jusqu'aux nues ? Il n'en reste plus qu'un tronc inutile. Est-ce lĂ  ce fleuve impĂ©tueux qui semblait devoir inonder toute la terre ? Je n'aperçois plus qu'un peu d'Ă©cume. Sermon sur l'ambition RenĂ© Char L'Isle-sur-la-Sorgue, Vaucluse, 1907-Paris 1988 Le fruit est aveugle. C'est l'arbre qui voit. Feuillets d'Hypnos Gallimard Paul Claudel Villeneuve-sur-FĂšre, Aisne, 1868-Paris 1955 L'arbre mort fait encore une bonne charpente. L'Otage, II, 1, Sygne Gallimard RenĂ© Descartes La Haye, aujourd'hui Descartes, Indre-et-Loire, 1596-Stockholm 1650 Toute la philosophie est comme un arbre, dont les racines sont la mĂ©taphysique ; le tronc est la physique, et les branches qui sortent de ce tronc sont toutes les autres sciences, qui se rĂ©duisent Ă  trois principales, Ă  savoir la mĂ©decine, la mĂ©canique et la morale ; j'entends la plus haute et la plus parfaite morale, qui prĂ©supposant une entiĂšre connaissance des autres sciences est le dernier degrĂ© de la sagesse. Principes de la philosophie Charles de Gaulle Lille 1890-Colombey-les-Deux-Églises 1970 [
] Le vent redresse l'arbre aprĂšs l'avoir penchĂ©. Le Fil de l'Ă©pĂ©e Plon Pierre Louis, dit Pierre LouĂżs Gand 1870-Paris 1925 L'arbre est nĂ© pour se rompre et non pour se plier. PoĂšmes CrĂšs Jean Racine La FertĂ©-Milon 1639-Paris 1699 Le ciel mĂȘme peut-il rĂ©parer les ruines De cet arbre sĂ©chĂ© jusque dans ses racines ! Athalie, I, 1, Abner Antoine de Saint-ExupĂ©ry Lyon 1900-disparu en mission aĂ©rienne en 1944 Fruits et racines ont mĂȘme commune mesure qui est l'arbre. Citadelle Gallimard Bible DĂ©jĂ  mĂȘme la cognĂ©e se trouve Ă  la racine des arbres ; tout arbre donc qui ne produit pas de bon fruit va ĂȘtre coupĂ© et jetĂ© au feu. Évangile selon saint Luc, III, 9 Coran La parole mauvaise est comme un arbre mauvais ; elle est Ă  fleur de terre et n'a point de stabilitĂ©. Coran, XIV, 31 FrĂ©dĂ©ric Mistral Maillane, Bouches-du-RhĂŽne, 1830-Maillane, Bouches-du-RhĂŽne, 1914 Les arbres aux racines profondes sont ceux qui montent haut. Lis aubre que van founs soun li que mounton aut. Les Îles d'or Octavio Paz Mexico 1914-Mexico 1998 L'arbre endormi profĂšre des oracles verts. El ĂĄrbol dormido pronuncia verdes orĂĄculos. Libertad bajo palabra, I, CondiciĂłn de nube ● arbre (expressions) nom masculin (latin arbor, -oris) Abattre, couper l'arbre pour avoir le fruit, supprimer une source de profit pour obtenir immĂ©diatement un seul avantage. Arbre Ă  palabres, en Afrique, arbre sous lequel se rĂ©unissent les anciens du village. L'arbre cache la forĂȘt, les dĂ©tails empĂȘchent d'apprĂ©hender l'ensemble. Arbre de NoĂ«l, sapin que l'on orne et illumine Ă  l'occasion de la fĂȘte de NoĂ«l ; distribution de cadeaux faite vers NoĂ«l par une entreprise ou une association aux enfants du personnel ou des adhĂ©rents ; ensemble des vannes, raccords, etc., qui constituent la tĂȘte d'un puits de pĂ©trole. Arbre de vie, nom usuel de divers thuyas ; reprĂ©sentation symbolique d'un arbre figurant la mĂ©diation entre le ciel et la terre, thĂšme frĂ©quent de l'iconographie orientale ; partie centrale blanche du cervelet, qui se dĂ©coupe en forme d'arborisations sur la partie corticale grise. Faire l'arbre fourchu, l'arbre droit, se tenir en Ă©quilibre sur la tĂȘte, les jambes en l'air Ă©cartĂ©es ou jointes. Familier. Monter, grimper Ă  l'arbre, ĂȘtre la dupe d'une mystification, marcher ; se mettre en colĂšre. Arbre primaire, secondaire, intermĂ©diaire, piĂšces de la boĂźte de vitesses d'une automobile qui portent les diffĂ©rents engrenages. Arbre de roue, piĂšce transmettant le mouvement du diffĂ©rentiel Ă  une roue motrice. Arbre de JudĂ©e, nom usuel du gainier. Arbre-poison, arbre de mort, noms usuels du mancenillier. Arbre de soie, nom usuel du julibrissin. Arbre creux, piĂšce de transmission cylindrique alĂ©sĂ©e, recevant le couple fourni par un moteur et transmettant ce couple Ă  l'essieu moteur, dont l'axe, logĂ© dans son alĂ©sage, peut subir par rapport Ă  lui, de petits dĂ©placements verticaux et horizontaux. Arbre de dĂ©cision, mĂ©thode d'analyse et d'Ă©laboration du processus de prise de dĂ©cisions multiples et sĂ©quentielles. (On s'attache Ă  dĂ©terminer la meilleure dĂ©cision terminale avant de dĂ©terminer la premiĂšre.) Arbre Ă©lectrique, dispositif assurant la synchronisation permanente de deux ou de plusieurs arbres mĂ©caniques. Arbres de la LibertĂ©, arbres plantĂ©s au dĂ©but de la RĂ©volution de 1789 et au printemps de 1848 pour symboliser la libertĂ© conquise. Test de l'arbre, test projectif dans lequel on demande au sujet de dessiner un arbre. (L'interprĂ©tation de ce test est fondĂ©e sur l'hypothĂšse que l'arbre est la reprĂ©sentation symbolique du corps vĂ©cu du dessinateur.) Arbre de la croix, la croix oĂč JĂ©sus-Christ fut attachĂ©. Arbre de JessĂ©, arbre gĂ©nĂ©alogique de JĂ©sus, Ă©tabli par l'iconographie chrĂ©tienne Ă  partir des donnĂ©es bibliques.

arbre
n. m.
d1./d Végétal ligneux de grande taille (6 ou 7 m au minimum), dont la tige (tronc), simple à la base, ne se ramifie qu'à partir d'une certaine hauteur.
— Arbre Ă  feuillage persistant, portant des feuilles tout au long de l'annĂ©e.
— Arbre à feuilles caduques, dont toutes les feuilles tombent une fois par an.
|| Arbre à beurre: karité.
— (Nouv.-Cal., oc. Indien) Arbre Ă  caoutchouc: ficus au latex abondant (Ficus elastica, Fam. moracĂ©es) dont on tire un caoutchouc, dit de l'Inde, et un masticatoire apprĂ©ciĂ© au ViĂȘt-nam.
— (Afr. subsah.) Arbre Ă  Ă©ventail: ravenala.
— (ViĂȘt-nam) Arbre Ă  durian: V. durian.
— (Afr. subsah., Antilles fr., Nouv.-Cal., oc. Indien) Arbre Ă  pain: artocarpus. Syn. (Pacifique, PolynĂ©sie fr.) uru.
— (ViĂȘt-nam) Arbre Ă  laque: laquier.
— Arbre Ă  soie: arbuste des savanes (Fam. asclĂ©piadacĂ©es), dont le fruit contient une bourre soyeuse.
— Arbre Ă  Ă©ventail ou (Afr. subsah., Madag., Nouv.-Cal.) arbre du voyageur: ravenala.
— (HaĂŻti) Arbre vĂ©ritable: variĂ©tĂ© d'artocarpus donnant de gros fruits ronds, sans graines.
|| (Afr. subsah.) Arbre à palabres: grand arbre qui sert de lieu de réunion dans un village.
|| Arbre de Noël: sapin (ou, plus souvent, épicéa) garni de jouets et de bougies, au moment de Noël.
|| (Prov.) Entre l'arbre et l'Ă©corce il ne faut point mettre le doigt.
d2./d TECH Axe entraßné par un moteur et transmettant le mouvement de rotation à un organe, à une machine. Arbre de transmission.
d3./d Arbre généalogique: figure en forme d'arbre dont les rameaux partant d'une souche commune représentent la filiation des membres d'une famille.
d4./d MATH Graphe orienté, sans cycle et convexe.

⇒ARBRE, subst. masc.
I.— [L'arbre dĂ©signe un vĂ©gĂ©tal ou sa reprĂ©sentation]
A.— BOT. VĂ©gĂ©tal ligneux, de taille variable, dont le tronc se garnit de branches Ă  partir d'une certaine hauteur. De grands arbres, branches d'arbres, troncs d'arbres :
‱ 1. Le vĂ©gĂ©tal est si bien composĂ© d'un assemblage de vĂ©gĂ©taux, qu'il en renferme Ă  la fois de jeunes et de vieux, dont quelques uns n'ont quelquefois qu'une lunaison, et d'autres ont plus d'un siĂšcle. Un rameau d'un arbre est moins ĂągĂ© que sa tige, et son aubier que son tronc. L'arbre le plus caduc porte Ă  la fois la vieillesse dans son cƓur et la jeunesse sur sa tĂȘte : l'une et l'autre se manifestent encore dans sa racine et dans son Ă©corce. L'accroissement de ses parties dĂ©pend Ă©videmment des harmonies soli-lunaires, puisque ses cercles annuels, subdivisĂ©s en cercles lunaires, en sont la preuve...
BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, 1814, p. 262.
‱ 2. Entre les quelques champs dĂ©jĂ  dĂ©frichĂ©s, nus, et la lisiĂšre de grands arbres au feuillage sombre, s'Ă©tendait un vaste morceau de terrain que la hache n'avait que timidement entamĂ©. Quelques troncs verts avaient Ă©tĂ© coupĂ©s et utilisĂ©s comme piĂšces de charpente; des chicots secs, sciĂ©s et fendus, avaient alimentĂ© tout un hiver le grand poĂȘle de fonte; mais le sol Ă©tait encore couvert d'un chaos de souches, de racines entremĂȘlĂ©es, d'arbres couchĂ©s Ă  terre, trop pourris pour brĂ»ler, d'autres arbres morts mais toujours debout au milieu des taillis d'aunes.
L. HÉMON, Maria Chapdelaine, 1916, p. 59.
‱ 3. ... et, tout autour du tronc, s'Ă©tend un vaste espace ombreux, que l'arbre investit, sur lequel il rĂšgne, Ă©talant ses branches colossales comme pour repousser toute autre vĂ©gĂ©tation. Ces branches s'arquent, se voĂ»tent et, de leur extrĂ©mitĂ© au loin retombĂ©e, touchent le sol. L'on respire un instant dans ces belles clairiĂšres couvertes; mais, sitĂŽt qu'on en sort, on est tout empĂȘtrĂ© dans l'enchevĂȘtrement confus des ramures...
GIDE, Le Retour du Tchad, 1928, p. 870.
‱ 4. L'homme Ă©tait un ouvrier agricole. M. de CoantrĂ© voulait l'Ă©blouir de sa science sylvestre; avec une fiertĂ© d'enfant il nommait les espĂšces d'arbres, il parlait des arbres roulĂ©s par le vent, dont on peut extraire le cƓur comme un crayon; il critiquait l'administration de la forĂȘt : les lignes de coupe mal entretenues, des prĂ©maturĂ©s qui mangeaient leurs voisins, et auraient dĂ» ĂȘtre abattus...
MONTHERLANT, Les CĂ©libataires, 1934, p. 879.
SYNT. Cime, ombre, pied d'un arbre, bouquets d'arbres; abattre, planter, tailler des arbres, grimper aux arbres; arbres dépouillé, mort, en fleurs.
B.— SpĂ©cifications de l'arbre
1. Spécifications naturelles ou arboricoles
a) [L'accent est mis sur une caractéristique tirée de l'origine, des propriétés réelles ou supposées d'une espÚce d'arbres ou d'arbustes] Arbre à, arbre de :
‱ 5. ... je dirai Ă  ceux qui ne comprennent pas les termes de botanique, et particuliĂšrement aux personnes du peuple qui dĂ©sirent passer Ă  la Louisiane, qu'ils y trouveront le chĂȘne, le pin, le frĂȘne, l'arbre Ă  ciguĂ«, le cĂšdre, l'orme, le bouleau, le sapin, l'arbre Ă  sauterelles ou Ă  cigales, le peuplier, l'arbre Ă  suif, l'arbre Ă  cire, l'arbre Ă  boutons, l'arbre Ă  l'huile ou Ă  beurre...
BAUDRY DES LOZIÈRES, Voyage à la Louisiane, 1802, p. 171.
‱ 6. ... d'autres [fleurs] mĂȘme ne fleurissent que la nuit : telle est celle du jalap du PĂ©rou, ou belle-de-nuit; celle de l'arbre triste de l'Inde, qui s'ouvre dans les tĂ©nĂšbres et tombe au point du jour...
BERNARDIN DE SAINT-PIERRE, Harmonies de la nature, 1814, p. 63.
‱ 7. Les arbres qu'on y voit, et qui de loin lui prĂȘtent un aspect riant, ne sont que des arbres Ă  gomme, arbuste chĂ©tif et bĂątard qui ne donne point d'ombre.
LAS CASES, Le MĂ©morial de Sainte-HĂ©lĂšne, t. 1, 1823, p. 252.
‱ 8. « Et quel est cet arbre qui ressemble Ă  un petit palmier? demanda Cyrus Smith.
— C'est un « cycas revoluta », dont j'ai le portrait dans notre dictionnaire d'histoire naturelle!
— Mais je ne vois point de fruit à cet arbuste?
— Non, Monsieur Cyrus, rĂ©pondit Harbert, mais son tronc contient une farine que la nature nous fournit toute moulue.
— C'est donc l'arbre à pain?
— Oui! l'arbre Ă  pain. »
VERNE, L'Île mystĂ©rieuse, 1874, p. 297.
‱ 9. — (...) nous jouions au bord du fleuve qui a de l'eau, sous les jujubiers, frĂšres du zeg-zeg, dont les Ă©pines ensanglantĂšrent la tĂȘte de votre prophĂšte, et que nous appelons l'arbre du paradis, parce que c'est sous lui, a dit notre prophĂšte Ă  nous, que les Ă©lus du paradis feront leur sĂ©jour, et qui est parfois si grand, si grand, qu'un cavalier ne peut, en un siĂšcle, traverser l'ombre qu'il projette.
BENOIT, L'Atlantide, 1919, p. 240.
‱ 10. Le directeur de ce jardin, prĂ©sente Ă  notre Ă©merveillement les plus intĂ©ressants de ses Ă©lĂšves : cacaoyers, cafĂ©iers, arbres Ă  pain, arbres Ă  lait, arbres Ă  bougies, arbres Ă  pagnes, et cet Ă©trange bananier de Madagascar, l'« arbre du voyageur », dont les larges feuilles laissent sourdre, Ă  la base de leur pĂ©tiole qu'un coup de canif a crevĂ©, un verre d'eau pure pour le voyageur altĂ©rĂ©.
GIDE, Voyage au Congo, 1927, p. 704.
SYNT. Arbre Ă  caoutchouc (ou Ă  seringue), — Ă  chandelles, — Ă  coca, — des conseils, — Ă  encens, — de fer, — Ă  fiĂšvre, — Ă  grives, — de Judas ou JudĂ©e, — aux lis (ou Ă  tulipes), — Ă  melons, — de neige, — Ă  perruques, — saint ou Ă  chapelets, — Ă  soie, — Ă  thĂ©, — Ă  la vache (ou Ă  lait), — Ă  vernis.
b) [L'accent est mis sur des caractéristiques communes à plusieurs espÚces d'arbres] Arbre à, arbre + adj.
♩ [Aspect naturel, Ă©cologie] :
‱ 11. De longues avenues d'arbres verts Ă  feuilles persistantes rayonnaient dans toutes les directions. Çà et lĂ  se massaient d'Ă©pais taillis de « grass-trees », arbustes hauts de dix pieds, semblables au palmier nain, et perdus dans leur chevelure de feuilles Ă©troites et longues.
VERNE, Les Enfants du capitaine Grant, t. 2, 1868, p. 185.
‱ 12. C'Ă©tait le temps oĂč les arbres Ă  cĂŽnes, chargĂ©s de pollen, agitent aisĂ©ment leurs branches pour rĂ©pandre au loin leur fĂ©condation. Le ciel s'Ă©tait chargĂ© d'orage et toute la nature attendait. (...) Il monta de la terre un souffle si brĂ»lant que l'on sentit tout dĂ©faillir; le pollen des conifĂšres sortit comme une fumĂ©e d'or des branches.
GIDE, Les Nourritures terrestres, 1897, p. 161.
SYNT. Arbre aquatique, — exotique (ou indigĂšne), — Ă  feuilles caduques, — forestier, — nain, — rĂ©sineux.
♩ [Destination, production, mode de plantation, forme (rĂ©sultant de l'action de l'homme ou des Ă©lĂ©ments)] Arbre fruitier :
‱ 13. L'arbre naturel n'a pas de beaux fruits. L'arbre produit de beaux fruits dùs qu'il est en espalier, c'est-à-dire dùs qu'il n'est plus un arbre.
RENAN, Souvenirs d'enfance et de jeunesse, 1883, p. 341.
‱ 14. ... dans toute l'Andalousie, il n'est pas un arbre qui ne donne quelque chose. Le caroubier succĂšde Ă  l'olivier, l'oranger Ă  la vigne, puis l'olivier revient en maĂźtre, le chĂȘne-liĂšge et l'yeuse qui nourrit les porcs. D'immenses vergers se dĂ©roulent sur des centaines de kilomĂštres : noisetiers, pĂȘchers, amandiers. Pas un arbre d'agrĂ©ment, pas un chĂȘne, pas un orme, de rares platanes pour ombrager quelques places, des eucalyptus le long de cinq ou six routes, des cyprĂšs en haies, comme en Provence, pour briser le vent. Tout arbre qui ne produit rien ou qui ne sert Ă  rien est impitoyablement abattu, transformĂ© en charbon.
T'SERSTEVENS, L'Itinéraire espagnol, 1933, p. 23.
SYNT. Arbre de bordure, — en buisson, — en chablis, — en colonne, — en cordon, — de haute fĂ»taie, — en gobelet, — de lisiĂšre, — de lumiĂšre, — en quenouille, — de pieds corniers, — de rĂ©serve, — de haute, moyenne, basse, demi-tige, — Ă©branchĂ© (ou dĂ©shonorĂ©), — en espalier, — franc (franc sur franc).
2. Spécifications culturelles : domaine symbolique, magique ou relig. [L'arbre est désigné] :
a) [Par le nom de la fĂȘte Ă  laquelle il est attachĂ©] :
‱ 15. L'arbre de NoĂ«l que prĂ©parait ma tante Plantier rĂ©unissait chaque annĂ©e un grand nombre d'enfants, de parents et d'amis. Il se dressait dans un vestibule formant cage d'escalier et sur lequel ouvraient une premiĂšre antichambre, un salon et les portes vitrĂ©es d'une sorte de jardin d'hiver, oĂč l'on avait dressĂ© un buffet. La toilette de l'arbre n'Ă©tait pas achevĂ©e et, le matin de la fĂȘte, lendemain de mon arrivĂ©e, Alissa, ainsi que me l'avait annoncĂ© ma tante, vint d'assez bonne heure l'aider Ă  accrocher aux branches les ornements, les lumiĂšres, les fruits, les friandises et les jouets.
GIDE, La Porte Ă©troite, 1909, p. 533.
— P. mĂ©ton. La fĂȘte organisĂ©e Ă  l'occasion de NoĂ«l (cf. ex. supra).
SYNT. Arbre de Mai, — de la mariĂ©e.
b) MYTH. ANTIQUE. [Par le nom de la divinité à laquelle il est consacré] Arbre d'Apollon (le laurier), de Bacchus (la vigne), de Minerve (l'olivier), de Vénus (le tilleul).
— P. anal. [Par le nom de la valeur idĂ©ol. qu'il doit Ă©voquer] Arbre de la libertĂ©, de la paix :
‱ 16. L'arbre de vie s'Ă©lĂšve sur la Colline de l'encens : un peu plus loin, l'arbre de science Ă©tend de toutes parts ses racines profondes et ses rameaux innombrables : il porte, cachĂ©s sous son feuillage d'or, les secrets de la DivinitĂ©, les lois occultes de la nature, les rĂ©alitĂ©s morales et intellectuelles, les immuables principes du bien et du mal.
CHATEAUBRIAND, Les Martyrs, t. 1, 1810, p. 183.
‱ 17. Je ne sais pourquoi je conspirai. Cet arbre [de la FraternitĂ©] Ă©tait un malheureux jeune chĂȘne trĂšs Ă©lancĂ©, haut de trente pieds au moins, qu'on avait transplantĂ© Ă  son grand regret au milieu de la place Grenette, fort en deçà de l'arbre de la LibertĂ© qui avait toute ma tendresse. L'arbre de la FraternitĂ© peut-ĂȘtre rival de l'autre, avait Ă©tĂ© plantĂ© immĂ©diatement contre la cabane des chĂątaignes vis-Ă -vis les fenĂȘtres de feu M. Le Roy. Je ne sais Ă  quelle occasion on avait attachĂ© Ă  l'arbre de la FraternitĂ© un Ă©criteau blanc sur lequel M. Jay avait peint en jaune, et avec son talent ordinaire, une couronne, un sceptre, des chaĂźnes, tout cela au bas d'une inscription et en attitude de choses vaincues.
STENDHAL, Vie de Henry Brulard, t. 2, 1836, p. 361.
SYNT. Arbre expiatoire, — de la connaissance du bien et du mal, — du paradis.
c) Emplois techn.
— HÉRALD. Figure reprĂ©sentant un arbre.
SYNT. Arbre arrachĂ© (racines apparentes), — Ă©colĂ© (sans branches), — fĂ»tĂ© (si le fĂ»t est d'un autre Ă©mail que les branches), — effeuillĂ©, — fruitĂ©, etc.
— PSYCHOL., PSYCHANAL. Test de l'arbre. Test analytique de la personnalitĂ© mis au point par C. Koch, et qui consiste Ă  interprĂ©ter le dessin d'un arbre effectuĂ© par un sujet.
Rem. Attesté ds Lar. encyclop. Suppl. 1968 et ds de nombreux dict. récents de psych. et de psychologie.
C.— Proverbes et loc.
♩ Entre l'arbre et l'Ă©corce, il ne faut pas mettre le doigt. Il ne faut pas s'immiscer dans les affaires privĂ©es d'autrui.
Rem. Attesté ds tous les dict. gén. du XIXe et du XXe siÚcle.
♩ Se tenir au gros de l'arbre. Rester fidĂšle aux valeurs, aux partis qui ont prouvĂ© leur soliditĂ© et leur sĂ»retĂ©.
Rem. Attesté ds tous les dict. gén. du XIXe et du XXe s. à partir de Ac. 1835.
♩ Couper l'arbre pour avoir le fruit. Sacrifier une source de richesses durable pour jouir momentanĂ©ment d'un de ses profits.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe s. à partir de Lar. 19e.
♩ Les arbres cachent la forĂȘt. L'attention portĂ©e aux dĂ©tails empĂȘche de saisir l'ensemble (cf. ROB., ROG. 1965).
♩ C'est au fruit qu'on connaĂźt l'arbre. On juge les gens d'aprĂšs leurs actes, les choses, d'aprĂšs les rĂ©sultats produits (cf. ROB. et ex. 19).
♩ Pop. Monter à l'arbre. Se laisser prendre à une mystification; faire monter qqn à l'arbre, le mystifier :
‱ 18. C'est malin de me faire monter à l'arbre! ... Au fond, je n'en ai pas cru un mot, vous savez.
COLETTE, Claudine Ă  Paris, 1901, p. 240.
Rem. Absent des dict. gén. Attesté ds A. DELVAU, Dict. de la lang. verte, 1866; L. LARCHEY, Dict. hist. d'arg., 2e suppl., 1883; Ch.-L. CARABELLI, [Lang. pop.].
— L'arbre se prĂȘte Ă  de nombreux emplois symboliques dont les Ă©crivains ont fait grand usage :
‱ 19. — Vous avez des vapeurs?
HélÚne haussa les épaules d'un air offensé.
« Des vapeurs! Des vapeurs! Elle n'avait encore jamais eu de vapeurs. Elle n'avait pas de vapeurs. Elle se portait comme un arbre. »
Joseph répondit, l'air bourru :
— Les arbres tombent malades, tout comme nous, croyez-moi.
HĂ©lĂšne hocha la tĂȘte avec dĂ©sinvolture et elle repartit Ă  rire. « Non, non, il n'y avait rien Ă  craindre, l'arbre-HĂ©lĂšne Ă©tait en pleine exubĂ©rance. »
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, La Passion de Joseph Pasquier, 1945, p. 174.
‱ 20. L'image de l'arbre oĂč s'affirme une structure spatiale, dynamique selon l'axe vertical, est aussi mesure, cycle du devenir, symbole de rĂ©gĂ©nĂ©ration Ă©troitement liĂ© au temps cosmique. Le temps s'inscrit dans la substance de l'arbre, la notion de temps est saisie d'une maniĂšre intuitive grĂące Ă  l'image de l'arbre fleuve, qui puisse aux tĂ©nĂšbres minĂ©rales, Ă  la substance obscure et qui est rĂ©surgence lente et profonde.
P. LAURETTE, Le ThÚme de l'arbre chez P. Valéry, Paris, Klincksieck, 1967, p. 5.
II.— [L'arbre dĂ©signe un objet ou une figure ressemblant au vĂ©gĂ©tal]
A.— [Ressemblance avec l'arbre muni de ramures]
1. Domaine relig. Arbre de la croix. La croix du Christ. Embrasser l'arbre de la croix, s'abriter sous l'arbre de la croix :
‱ 21. Que n'avez-vous rangĂ© pour la premiĂšre fois
Quand il Ă©tait encore un fragile arbrisseau
L'arbre au double destin, l'arbitre au double sceau,
L'arbre de la science et l'arbre de la croix.
Que n'avez-vous rangé dans un ùge absolu
Quand il Ă©tait encore un arbre jouvenceau,
L'arbre au double destin, l'arbitre au double sceau,
L'arbre de la potence et l'arbre du salut.
Que n'avez-vous rangé dans un ordre absolu
Avant qu'il fût entré sous la seconde loi,
L'arbre au double destin, l'arbitre de la foi,
L'arbre de la créance et l'arbre du salut.
Ch. PÉGUY, Ève, 1913, p. 727.
2. GYMNASTIQUE. [En parlant d'une position recherchĂ©e] Faire l'arbre fourchu. Se tenir sur ses mains, la tĂȘte en bas et les pieds en haut.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe siÚcle.
3. Domaines sc.
a) ANATOMIE :
‱ 22. La coupe du cervelet montre des linĂ©amens mĂ©dullaires qui reprĂ©sentent un arbre Ă  cinq branches principales, subdivisĂ©es deux fois de suite en branches plus petites : on l'appelle arbre de vie.
CUVIER, Leçons d'anat. comp., t. 2, 1805, p. 139.
‱ 23. Je me suis fait aussitĂŽt un pansement au collargol, et je me suis couchĂ©. Je pensais toujours que ce n'Ă©tait pas grand-chose. Mais l'arbre bronchique avait Ă©tĂ© plus profondĂ©ment atteint que je ne le soupçonnais ... Vous voyez combien c'est ridicule : j'allais lĂ -bas pour vĂ©rifier si l'on observait bien toutes les prĂ©cautions rĂ©glementaires, — et je n'ai mĂȘme pas Ă©tĂ© fichu de les prendre moi-mĂȘme! ...
R. MARTIN DU GARD, Les Thibault, Épilogue, 1940, p. 886.
SYNT. Arbre de corail, — glandulaire, — respiratoire, — urinaire, etc.
b) CHIM. Cristallisation, dĂ©pĂŽts plus ou moins arborescents. Arbre de Diane (ou philosophique). Amalgame d'argent obtenu avec du nitrate d'argent et du mercure. Arbre de Jupiter. Étain prĂ©cipitĂ© par le zinc. Arbre de Mars, de Saturne, etc.
c) GRAPHISME. Croquis, schéma ou diagramme, avec base et ramifications.
— GÉNÉALOGIE, PHYLOGÉNIE. Arbre gĂ©nĂ©alogique. Tableau montrant, sous la forme d'un arbre avec ses ramifications, les filiations d'une mĂȘme famille Ă  partir d'un ancĂȘtre commun :
‱ 24. ... il y a une multitude d'ordres diffĂ©rents, reprĂ©sentĂ©s dans la variĂ©tĂ© sans nombre des conceptions gĂ©omĂ©triques (141). De lĂ  les arbres gĂ©nĂ©alogiques et encyclopĂ©diques, les tablettes chronologiques, les atlas historiques et les tableaux synoptiques de toute espĂšce.
COURNOT, Essai sur les fondements de nos connaissances, 1851, p. 358.
♩ Arbre de JessĂ©. Arbre gĂ©nĂ©alogique du Christ :
‱ 25. Un arbre de JessĂ©, dans le style de la Renaissance, qui s'Ă©levait du haut en bas de la maison Paillot, (...) avait Ă©tĂ© jetĂ© par terre avec le reste, mais non dĂ©truit. M. de Terremondre, l'ayant retrouvĂ© par la suite dans un chantier, en avait fait l'acquisition pour le musĂ©e. Ce monument est d'un bon style. Malheureusement, les prophĂštes et les patriarches, qui s'Ă©panouissaient sur chaque branche comme des fruits merveilleux, et La Vierge, fleurie au faĂźte de l'arbre prophĂ©tique, furent mutilĂ©s par les terroristes en 1793, et l'arbre souffrit de nouveaux dommages en 1860, quand il fut portĂ© au chantier comme bois de chauffage.
A. FRANCE, L'Orme du mail, 1897, p. 123.
Rem. La reprĂ©sentation d'une famille par un arbre, et l'idĂ©e d'une mĂȘme sĂšve nourrissante, passant dans toutes les ramifications de l'arbre et le faisant fructifier ont donnĂ© naissance, dans la lang. fam. et littĂ©r., Ă  des expr. comme l'arbre, les fruits, les rejetons, la souche d'une famille :
‱ 26. Car c'est ainsi que la France va chercher sans cesse, au plus profond du terroir, des rĂ©serves de substance neuve. Encore un effort, encore une gĂ©nĂ©ration, et l'arbre Pasquier fera peut-ĂȘtre s'Ă©panouir quelque fleur miraculeuse. Allons, pourquoi cet espoir absurde? Que demander encore Ă  la souche qui a donnĂ© CĂ©cile, la musicienne?
G. DUHAMEL, Chronique des Pasquier, Le Combat contre les ombres, 1939, p. 11.
— LING. Arbre, arbre Ă©tiquetĂ©. ReprĂ©sentation sous forme d'un schĂ©ma arborescent, d'une structure syntagmatique.
— SC., vieilli. Arbre encyclopĂ©dique. Tableau dĂ©montrant les rapports Ă©troits entre les sciences et les arts en les faisant partir d'un tronc commun. (Cf. ex. 24).
Rem. Attesté ds Ac. Compl. 1842, Ac. 1878, 1932, BESCH. 1845, ROB., QUILLET 1965.
B.— [Ressemblance avec le tronc ou la tige de l'arbre]
1. MAR., vx. Arbre de meistre, de trinquet (le mùt de misaine) :
‱ 27. Le grand mñt s'appelait l'arbre de mestre...
J. DE LA VARENDE, Heureux les humbles, 1942, p. 128.
Rem. Attesté ds la plupart des dict. gén. du XIXe et du XXe s. de Ac. 1835 à QUILLET 1965.
2. TECHNOLOGIE
a) Vx. PiÚce maßtresse, parfois tournante, qui, dans une machine, sert de support à d'autres piÚces animées. Arbre d'une balance, d'une grue, d'un moulin, d'une presse, d'un pressoir.
Rem. Attesté de Ac. 1835 à Ac. 1932. Synon. axe, plus usité.
— SpĂ©c., HORLOG. PiĂšce cylindrique Ă  pivots sur laquelle est adaptĂ©e une roue (ou barillet) qui sert Ă  bander un ressort.
♩ Arbre de grand ressort. Qui supporte la fusĂ©e.
b) PiÚce cylindrique et allongée, généralement en acier, qui est destinée à transmettre, recevoir ou transformer un mouvement de rotation, une puissance. Arbres moteurs (ou de couche), arbre de transmission, arbre parallélogramme :
‱ 28. L'arbre Ă  cames [dans un moteur Diesel] (...), reçoit son mouvement de l'arbre Ă  manivelles, par l'intermĂ©diaire d'un arbre perpendiculaire ...
P. DUMANOIS, Moteurs Ă  combustion interne, 1924, p. 181.
‱ 29. La turbine est un organisme chargĂ© de transformer en mouvement et force la pression formidable de la chute. Cette poussĂ©e s'exerce sur une roue de mĂ©tal munie d'aubages spĂ©ciaux et fixĂ©e sur un axe, arbre d'acier puissant. L'arbre transmet mouvement et force Ă  l'alternateur, oĂč ils engendrent le fluide.
PESQUIDOUX, Le Livre de raison, t. 1, 1925, p. 190.
‱ 30. La carcasse du moteur est munie de paliers-supports dans lesquels tourne un arbre creux. Cet arbre entoure l'essieu avec un jeu suffisant pour permettre tous les dĂ©placements de l'essieu par rapport au chĂąssis.
M. BAILLEUL, Notions de matériel roulant des ch. de fer, 1951, p. 76.
SYNT. Arbre Ă  cardan, — de couche, — coudĂ©, — porte-hĂ©lice, — de relevage, — de roue, — primaire, — secondaire, — intermĂ©diaire.
Rem. Sens attesté dÚs Lar. 19e.
— Au fig. Arbre de couche :
‱ 31. C'est que parfaitement exacte, du point de vue logique, qui est l'arbre de couche de l'entendement, elle [la doctrine de Maurras] s'appuie Ă  une personnalitĂ© d'un dĂ©sintĂ©ressement total...
L. DAUDET, Ch. Maurras et son temps, 1928, p. 67.
Rem. On rencontre dans la doc. 2 nĂ©ol. a) Arbraie, subst. fĂ©m. (H. DE RÉGNIER, PoĂšmes, Tel qu'en songe, 1892, p. 176; suff. -aie). Lieu plantĂ© d'arbres, ensemble d'arbres. b) Arbricule, subst. masc. (HUYSMANS, Les SƓurs Vatard, 1879, p. 191; suff. -cule, -ule). Petit arbre, arbuste. Des arbricules poussiĂ©reux.
PRONONC. ET ORTH. :[]. Enq. ://. Ac. Compl. 1842 et GUÉRIN 1892 enregistrent le mot arbroie (pour le remplacement de l'orth. oi par ai, cf. la finale -ais). Ac. Compl. 1842 rĂ©serve Ă©galement Ă  ,,arbrĂ©e (V. lang.)`` une vedette de renvoi Ă  arbroie.
ÉTYMOL. ET HIST. — 1. 1100 « grand vĂ©gĂ©tal ligneux » (Roland, Ă©d. T. MĂŒller, 2267 ds T.-L. : desuz dous arbres bels); p. anal. 2. a) 1100-50 « piĂšce horizontale qui transmet le mouvement dans une machine motrice » (Pelerinage Charlemagne, Ă©d. E. Koschwitz-G. Thurau, 372, ibid. : Altresil fait torner com arbre de molin); b) XVe s. arbre de la croix « la croix oĂč fut attachĂ© le Christ » (CHR. DE PISAN, Charl. V, part. I, ch. 33 ds GDF. Compl. : N'estoit point de necessitĂ© a la perfection et enterinitĂ© du corps ressuscitĂ© de Jhesu Crist ravoir tout le sang respendu en l'arbre de la croix); 3. 1723 arbre des philosophes alchimie (TrĂ©v. : Terme de science hermĂ©tique. Le grand arbre des Philosophes est leur mercure, qui est leur teinture, leur principe et leur racine; quelquefois c'est l'ouvrage de la pierre); 1771 arbre de Diane chim. (TrĂ©v. : C'est un mĂ©lange d'argent, de mercure et d'esprit de nitre cristallisĂ©s ensemble en forme d'un petit arbre).
Du lat. arbor, CATON, Agr., 6, 1 ds TLL s.v., 421, 38; 2 a « arbre du pressoir » (CATON, Agr., 6, 1, ibid., 427, 51 : in torcularium quae opus sint ...; qui arbores conprimat si dishiascent); cf. avec 2 b OVIDE, Am., 1, 12, 18, ibid., 424, 3 : carnifici ... praebuit illa arbor cruces.
STAT. — Arbre. FrĂ©q. abs. littĂ©r. :15 033. FrĂ©q. rel. littĂ©r. :XIXe s. : a) 19 245, b) 24 220; XXe s. : a) 23 126, b) 20 625. Arbricule. FrĂ©q. abs. littĂ©r. :1.
BBG. — ArchĂ©ol. chrĂ©t. 1924. — BACH.-DEZ. 1882. — BADER.-TH. 1962. — BAUDR. PĂȘches 1827. — Bible 1912. — BLANCHE 1857. — BOUILLET 1859. — BRARD 1838. — BRUANT 1901. — Canada 1930. — CHABAT 1881. — CHASS. 1970. — CHESN. 1857. — COLAS-CAB. 1968. — Comm. t. 1 1837. — CROS-GARDIN 1964 (et s.v. arborescence). — DAINV. 1964. — DARM. Vie 1932, p. 75, 154. — DELAMAIRE (J.). Meuniers et moulins Ă  vent. Vie Lang. 1970, p. 630. — DE WERGIFOSSE (G.). Les Im. symboliques de l'arbre et de l'eau dans la poĂ©sie de Jules Supervielle (Licence Louvain 1966/67). — DHEILLY 1964. — Divin. 1964. — DUMAS 1965 [1873]. — DUVAL 1969. — ESN. 1966. — Foi t. 1 1968. — FROMH.-KING. 1968. — GAY t. 1 1967 [1887]. — GEORGE 1970. — GOTTSCH. Redens. 1930, p. 19; pp. 164-165; p. 270, 277. — GOUG. Lang. pop. 1929, p. 50. — GOUG. Mots t. 1 1962, p. 91. — GOUGENHEIM (G.). La Relatinisation du vocab. fr. Annales de l'Univ. de Paris. 1959, t. 29, n° 1, p. 8. — GRANDM. 1852. — GRUSS 1952. — GUERBER 1967. — GUILB. Aviat. 1965. — HETMAN 1969. — HUSSON 1970. — JAL 1848. — JOSSIER 1881. — LACR. 1963. — LAL. 1968. — Lar. mĂ©n. 1926. — LAURETTE (P.). Le ThĂšme de l'arbre chez Paul ValĂ©ry. Frankfurt/M.-Paris, 1967, 196 p. — LAVEDAN 1964. — LE CLÈRE 1960. — LE ROUX 1752. — LITTRÉ-ROBIN 1865. — LOTE (G.). Arbre « barre de gouvernail », Ă  propos d'un Ă©pisode de Rabelais. Bibl. d'Human. et Renaissance. 1936, t. 3, pp. 52-57. — MARCEL 1938. — MASSON 1970. — MĂ©d. Biol. t. 1 1970. — MILLEPIERRES (F.). Les ConifĂšres. Vie Lang. 1969, p. 563. — MILLEPIERRES (F.). Promenade philol. parmi les arbres. Vie Lang. 1969, pp. 122-123. — MONT. 1967. — MORIER 1961. — Mots rares 1965. — NELLI 1968. — NOTER-LÉC. 1912. — NYSTEN 1824. — PĂ©trol. 1964. — PLAIS. 1969. — PLAIS.-CAILL. 1958. — POIGNON 1967. — Pol. 1868. — POPE 1961 [1952], passim. — PRIVAT-FOC. 1870. — RÉAU-ROND. 1951. — REMIG. 1963. — RITTER (E.). Les Quatre dict. fr. Rem. lexicogr. B. de l'Inst. nat. genevois. 1905, t. 36, p. 350. — ROCHE 1968. — ROG. 1965. p. 54. — ROLL. Flore t. 4 1967, p. 79. — SAIN. Lang. par. 1920, p. 372. — Sexol. 1970. — SIZ. 1968. — SOÉ-DUP. 1906. — ST-EDME t. 1 1824. — TEZ. 1968. — ThĂ©ol. bibl. 1970. — TONDR.-VILL. 1968. — TOURNEMILLE (J.). Au jardin des loc. fr. Vie Lang. 1959, p. 237, 239. — VIOLLET 1875. — WILL. 1831.

arbre [aʀbʀ] n. m.
ÉTYM. 1080; lat. arbor, arboris.
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I Grand vĂ©gĂ©tal ligneux dont la tige, qui s'Ă©lĂšve Ă  plus de 6 mĂštres quand la plante est adulte (au-dessous, on parle d'arbrisseau), ne porte de branches qu'Ă  partir d'une certaine hauteur au-dessus du sol (Voir les mots en arbor- et en dendro-). || Les racines, la tige (⇒ Tronc; bille, grume), les branches d'un arbre. || NƓud vital de l'arbre. ⇒ Collet, pied. || CoupĂ©e transversalement, la tige d'un arbre prĂ©sente trois parties : le canal mĂ©dullaire (⇒ Moelle), le bois (⇒ Bois, cambium, cerne, cƓur, duramen, nƓud, xylĂšme) et l'Ă©corce (⇒ Aubier, Ă©corce, liber). || La sĂšve circule entre les racines et les feuilles de l'arbre. || Le creux d'un arbre. || La charpente de l'arbre. ⇒ Branchage, branche, brindille, dard, embranchement, fourche, fourchet, gourmand, lambourde, rame, rameau, ramĂ©e, ramure. || Le feuillage d'un arbre. ⇒ Feuille; aiguille, Ă©pine; (poĂ©t.) chevelure, couronne, couvert, frondaison. || Le haut, le sommet, la tĂȘte d'un arbre. ⇒ Apex, cime, faĂźte, houppier, sommitĂ©.
♩ Ensemble d'arbres. ⇒ Bois, forĂȘt; bosquet (→ ci-dessous, aprĂšs la liste des noms d'arbres).
♩ La vie d'un arbre. || L'arbre prend bien, prend racine (⇒ Enraciner), croĂźt, se dĂ©veloppe, pousse, vĂ©gĂšte; bourgeonne (⇒ Bourgeon, Ɠil), s'Ă©panouit (⇒ DĂ©bourrement), fleurit (⇒ Bouton, fleur), s'affruite, se met Ă  fruit, produit, porte des fruits (⇒ Fruit); se dĂ©feuille, s'effeuille, verdit, verdoie, reverdit.
♩ Aspects, caractĂšres, nature des arbres (⇒ EspĂšce, essence). — Arbre agreste, franc (franc de pied), sauvage (⇒ Sauvageon); cultivĂ© (⇒ ÉlĂšve), de semis, greffĂ©, en caisse, en pleine terre, en plein vent. — Arbre indigĂšne ou exotique (dans un lieu donnĂ©). || Acclimater un arbre. — Arbre gĂ©ant ou nain. — Arbre d'un seul brin, d'une seule venue; Ă©lancĂ©, vigoureux, en pleine sĂšve. — Arbre chevelu, feuillu, frondescent, frondifĂšre, touffu. — Arbre Ă  feuilles persistantes (⇒ Vert) ou caduques (⇒ Feuillu). — Arbre Ă©pineux. — Arbre fleuri; chargĂ©, couvert de fleurs; fertile ou stĂ©rile. — Arbre branchu, fourchu, moussu (⇒ Mousse; bryon), noueux, rameux. — Arbre caverneux, creux. — Arbre antique, chenu, rabougri. — Arbre fossile. ⇒ Dendrite; lepidodendron, sigillaire. — Arbre pĂ©trifiĂ©. ⇒ Dendrolithe.
♩ Culture des arbres. ⇒ Arboriculture, foresterie, sylviculture. — Arbre de tige, de haute tige (⇒ Filardeau), de moyenne tige, de demi-tige, de basse-tige. ⇒ Tige. || Arbre de premiĂšre, de deuxiĂšme, de troisiĂšme, de quatriĂšme grandeur. || Arbre de haute futaie, de basse futaie. ⇒ Futaie. || Arbre de lumiĂšre. ⇒ LumiĂšre. — Arbre gommeux, gummifĂšre, guttifĂšre, lactescent, rĂ©sineux, rĂ©sinifĂšre.
♩ Syntagmes arbre + qualificatif (adjectif; Ă  ou de + nom) dĂ©signant des espĂšces d'arbres. || Arbre aux anĂ©mones : calycanthe ou beurreria; d'argent : protea; aveuglant : excecaria; des banians : figuier de l'Inde; Ă  beurre : bassia, butyrosperme, caryocar, garcinia, irvingia; du BrĂ©sil : cĂ©salpinie; Ă  café : chicot du Canada; Ă  calebasse : calebassier; Ă  caoutchouc : hĂ©vĂ©a (etc.); de Caroni : galipĂ©a; de castor : magnolia; Ă  chandelle : muscadier porte-suif; Ă  chapelet : azĂ©darach, mĂ©lia; du ciel : ginkgo; Ă  cire : cĂ©roxyle, myrica, sumac; des conseils : figuier des pagodes; au corail : erythrina; de CythĂšre : spondias; du diable : sablier; de Dieu : figuier des pagodes; de dragon : dragonnier; Ă  encens : amyris; Ă  enivrer : piscidie; de fer : mesua; de la folie : amyris; aux fraises : arbousier; Ă  la gale : sumac; Ă  la glu : houx; Ă  la gomme : acacia; Ă  grives : sorbier; immortel : erythrina; impudique ou indĂ©cent : pandanus; Ă  ivoire : phytĂ©lĂ©phas; de juda ou de JudĂ©e : gainier ou cercis; Ă  lait : galactodendron; Ă  laque : butĂ©a; aux lis : tulipier; de Sainte-Lucie : cerisier mahaleb; Ă  la manne : frĂȘne; Ă  melons : papayer; de mille ans : baobab; de MoĂŻse : cotoneaster (pyracanthe); de mort : mancenillier ou hippomane; aux mouchoirs : davidia; de neige : viorne; Ă  pain : artocarpe ou jacquier, irvingia (→ ci-dessous, cit. 0.1); Ă  papier : broussonetia (mĂ»rier); de paradis : thuya; aux perruques : sumac; Ă  la pistache : staphylier; pluvieux : cĂ©salpinie; Ă  poison : sumac, mancenillier ou hippomane; au poivre : vitex (gattilier); puant : sterculia fƓtidia; Ă  la puce : sumac; aux quarante Ă©cus : ginkgo; saint : mĂ©lia; Ă  savon : sapindus; Ă  seringue : hĂ©vĂ©a; du soleil : platane; Ă  suif : croton; de saint Thomas : bauhinia; triste : nyctanthe; aux tulipes : tulipier; Ă  la vache, Ă  vache, arbre-vache (1830, in D. D. L.) : galactodendron; au vermillon : quercus coccifera (chĂȘne); de vie : thuya; du voyageur : ravenala.
0.1 Et quel est cet arbre qui ressemble à un petit palmier ? demanda Cyrus Smith.
— C'est un « cycas revoluta », dont j'ai le portrait dans notre dictionnaire d'histoire naturelle !
— Mais je ne vois point de fruit à cet arbuste ?
— Non, monsieur Cyrus, rĂ©pondit Harbert, mais son tronc contient une farine que la nature nous fournit toute moulue.
— C'est donc l'arbre à pain ?
— Oui ! l'arbre à pain.
— Eh bien, mon enfant, rĂ©pondit l'ingĂ©nieur, voilĂ  une prĂ©cieuse dĂ©couverte, en attendant notre rĂ©colte de froment.
J. Verne, l'Île mystĂ©rieuse, t. I, p. 422.
0.2 Au Venezuela, existe un arbre qui fournit, quand on l'a incisé, un liquide crémeux et blanc qui lui a valu le nom d'arbre-vache; les indigÚnes boivent cette sÚve à l'état pur.
P. Deffontaines, l'Homme et la ForĂȘt, p. 55, in D. D. L., II, 15.
♩ (En Afrique). || L'arbre Ă  palabres : grand arbre Ă  l'ombre duquel les anciens, les notables se rĂ©unissent.
♩ Myth. || Arbres sacrĂ©s ou symboliques : arbre d'Apollon (laurier, palmier), de Bacchus (vigne), de CybĂšle (pin), des Dryades (chĂȘne), des EumĂ©nides (cĂšdre), des Helliades (peuplier), d'Hercule (peuplier), de Jupiter (chĂȘne, chĂątaignier), de Minerve ou de Pallas (olivier), de Pluton (cyprĂšs), de VĂ©nus (myrthe et tilleul).
âžȘ tableau Principaux arbres, arbustes et arbrisseaux.
♩ Plantation d'arbres. ⇒ Plant, plantation; complanter, dĂ©planter, planter, transplanter; boiser, reboiser; peupler, repeupler. — Lieu plantĂ© d'arbres, rĂ©union d'arbres. ⇒ Alignement, allĂ©e, ambulacre, avenue, berceau, bocage, bois, bordure, bosquet, boulevard, bouquet, charmille, complant, cordon, forĂȘt, fourrĂ©, futaie, gaulis, haie, jardin, ligne, lisiĂšre, mail, massif, ombrage, palissade, pĂ©piniĂšre, peuplement, rangĂ©e, rideau, taillis, touffe, vĂ©gĂ©tation, verdure, verger, voĂ»te.
♩ Formation, forme des arbres. ⇒ Taille (en berceau, boule, buisson, bulteau, chandelle, colonne, cĂŽne, contre-espalier, cordon, couronne, dĂŽme, espalier, Ă©ventail, fuseau, gobelet, palmette, pyramide, quenouille, tĂ©tard, vase
).
♩ Traitement des arbres. ⇒ Baguer, butter, chauler, chausser, conduire, courber (arcure
), dĂ©chausser, dĂ©cortiquer, dĂ©garnir, dĂ©planter, Ă©borgner, Ă©bourgeonner, Ă©bouturer, Ă©brancher, Ă©cheniller, Ă©cimer, Ă©claircir, Ă©corcer, Ă©cussonner, effeuiller, Ă©gravillonner, Ă©houper, Ă©laguer, Ă©monder, Ă©mousser, entailler, enter, Ă©plucher, Ă©tĂȘter, Ă©tronçonner, forcer, greffer, habiller, hannetonner, inciser, Ɠilletonner, palisser, pincer, praliner, rabattre, rapatronner, recĂ©per, rechausser, saigner, scarifier, tailler, terrer, transplanter, tuteurer

♩ Accidents, dommages, maladies survenant aux arbres. ⇒ Arrachement, brouissure, broussin, cadranure, chancre, dĂ©couronnement, dĂ©nudation, dĂ©racinement, dessĂ©chement, Ă©branchement, Ă©cuissage, effeuillaison, exfoliation, forcine, gel, gelĂ©e, gĂ©livure, givre, gomme, gommose, gouttiĂšre (fente), lenticelle, loupe, rabougrissement, roulure; abattis, arrachis, chablis, rompis, ventis
 || Arbre arsin, cassĂ©, charmĂ©, Ă©branchĂ©, encrouĂ©, Ă©puisĂ©, gĂ©lif, givrĂ©, ruinĂ©.
♩ Abattage des arbres. ⇒ Abattage; abattre, cerner, couper, Ă©quarrir, essoucher, Ă©tronçonner
 || Balivage des arbres (choix et marquage des arbres rĂ©servĂ©s, retenus dans une coupe). ⇒ Baliveau, lais, pĂ©rot; marmenteau, tĂ©moin, tĂ©tard. || Arbre moderne, arbre de repeuplĂ©e. || Baguer, flacher (faire une entaille, un miroir) et marquer un arbre au marteau. || AnnĂ©lation; ceinturage d'un arbre. || Arbres compris dans la coupe. || Arbre d'assiette. || Arbre cornier. || Arbre coupier. || Arbre de lisiĂšre. || Arbre de tronce, dont on coupe les branches pĂ©riodiquement. || Arbre de dĂ©lit, coupĂ© contre les ordonnances. || Le chicot d'un arbre. || Arracher la souche d'un arbre.
♩ Rejets, rejetons d'un arbre. ⇒ Accru, bois (pousser du), boulure, bourgeon, bouture, brin, brout, cĂ©pĂ©e, drageon, pousse, repousse, scion, surgeon; rejeter, reprendre, surgeonner.
♩ Monter dans un arbre, sur un arbre, grimper à l'arbre. || Planter, tailler, abattre un arbre. || Un grand, un petit arbre. || Un vieil arbre. || Arbre mort.
1 Ô quantes fois (combien de fois) aux arbres grimpĂ© j'ai (
)
ClĂ©ment Marot, Églogue au roi.
2 La terre produit verdure, arbres fruitiers (
)
Ambroise ParĂ©, ƒuvres, XXIV, 2.
3 Lieux couverts et ombragĂ©s d'arbres et de verdure (
)
J. Amyot, Pompée, 47.
4 Les arbres dépouillés de leurs feuillages verts.
Rotrou, Hercule mourant, V, 1.
5 De longues allĂ©es d'arbres, plantĂ©es Ă  la ligne (
)
Vaugelas, Quinte-Curce, 393.
6 MaĂźtre Corbeau, sur un arbre perché (
)
La Fontaine, Fables, I, 2.
7 L'arbre tient bon, le roseau plie;
Le vent redouble ses efforts,
Et fait si bien qu'il déracine
Celui de qui la tĂȘte au ciel Ă©tait voisine (
)
La Fontaine, Fables, I, 22.
8 L'aigle avait ses petits au haut d'un arbre creux (
)
La Fontaine, Fables, II, 1.
9 L'un des deux compagnons grimpe au faüte d'un arbre (
)
L'un de nos deux marchands de son arbre descend (
)
La Fontaine, Fables, V, 20.
10 (Notre Ă©colier) Qui, grimpant sans Ă©gard sur un arbre fruitier,
GĂątait jusqu'aux boutons, douce et frĂȘle espĂ©rance (
)
La Fontaine, Fables, IX, 5.
11 Le Scythe l'y trouva qui, la serpe Ă  la main,
De ses arbres Ă  fruits retranchait l'inutile,
Ébranchait, Ă©mondait, ĂŽtait ceci, cela,
Corrigeant partout la nature (
)
La Fontaine, Fables, XII, 20.
12 (
) Puissions-nous chanter sous les ombrages
Des arbres dont ce lieu va border ses rivages !
La Fontaine, Philémon et Baucis.
13 (Les arbres) courbent sous le poids des offrandes sans nombre.
La Fontaine, Philémon et Baucis.
14 Il (le riche) peut dans son jardin, tout peuplé d'arbres verts,
Recéler le printemps au milieu des hivers.
Boileau, Satires, VI.
15 Ce que vous dites des arbres qui changent est admirable; la persĂ©vĂ©rance de ceux de Provence est triste et ennuyeuse : il vaut mieux reverdir que d'ĂȘtre toujours vert.
Mme de Sévigné, 7 juin 1675.
16 Les arbres sont bien taillĂ©s, bien Ă©moussĂ©s, les espaliers bien tenus (
)
La Quintinie, Jardins, I, 4.
17 Les arbres ont perdu leur chevelure verte.
Richelet, Dict.
18 L'ordonnance veut qu'on abatte les arbres à coups de cognée, à fleur de terre, sans les écuisser ni les éclater.
Richelet, Dict.
19 (
) Vitruve (
) dit (
) qu'avant d'abattre les arbres il faut les cerner par le pied jusque dans le cƓur du bois, et les laisser ainsi sĂ©cher sur pied (
)
Buffon, Hist. nat. des végétaux, Expériences sur les végétaux, 2e mémoire.
20 Plus un arbre est vieux quand on l'abat, moins sa souche épuisée peut produire.
Buffon, Hist. nat. des végétaux, Expériences sur les végétaux, 2e mémoire.
21 (
) le chĂȘne, le hĂȘtre et les autres arbres forestiers que j'avais semĂ©s (
)
Buffon, Hist. nat., t. VIII, p. 415.
22 Les arbres rĂ©sineux, comme le sapin (
)
Buffon, Hist. nat. des végétaux, Expériences sur les végétaux, 2e mémoire.
23 Les arbres qui poussent vigoureusement en bois produisent rarement beaucoup de fruit (
)
Buffon, Hist. nat. des végétaux, Expériences sur les végétaux, 2e mémoire.
24 De quelque façon qu'on intercepte la sĂšve, on est sĂ»r de hĂąter les productions des arbres (
)
Buffon, Hist. nat., t. VIII, p. 283.
25 La Quintinye a créé l'art de la culture des arbres et celui de les transplanter.
Voltaire, le SiĂšcle de Louis XIV, « Écrivains ».
26 Les bignonias, les coloquintes s'entrelacent au pied de ces arbres de toutes les formes (
)
Chateaubriand, Atala.
27 (
) le castor coupe les arbres, Ă©quarrit leurs troncs.
Chateaubriand, Voyage en Amérique
, 9.
28 Arbres (
) courbĂ©s sous les tempĂȘtes,
Mais dont la foudre seule ose Ă©branler les tĂȘtes (
)
Lamartine, Jocelyn, II.
29 Ce fut comme un abatis d'arbres (
)
Hugo, Quatre-vingt-treize, III, 2.
29.1 Les colons purent fouiller Ă  fond cette forĂȘt, dont la largeur variait de trois Ă  quatre milles, car elle Ă©tait comprise entre les deux rivages de la presqu'Ăźle Serpentine. Les arbres, par leur haute taille et leur Ă©paisse ramure, attestaient la puissance vĂ©gĂ©tative du sol, plus Ă©tonnante ici qu'en aucune autre portion de l'Ăźle.
J. Verne, l'Île mystĂ©rieuse, t. II, p. 737.
30 Des arbres fruitiers en éventail sur des fils de fer, ou bien en espalier, s'étalaient à la grande lumiÚre, un peu défeuillés, là seulement pour le fruit.
A. Daudet, Contes du lundi, « Maison à vendre ».
31 Le bel arbre maintenant dépouillé de ses feuilles, déployait, nue et noire sous le ciel, sa puissante et fine membrure.
France, l'Anneau d'améthyste, p. 268.
32 De petites allĂ©es sinueuses oĂč les arbres d'hiver, habillĂ©s de lierre et de ronces, comme des ruines (
)
Proust, À la recherche du temps perdu, t. XI, p. 217.
33 Un arbre foudroyé, sa sÚve monte plusieurs printemps de suite, ses racines n'en finissent pas de mourir.
Martin du Gard, les Thibault, II, 8.
34 Gravez votre nom dans un arbre
Qui poussera jusqu'au nadir.
Un arbre vaut mieux que le marbre
Car on y voit les noms grandir.
Cocteau, PiĂšce de circonstance.
34.1 Un arbre est couvert de redites. Il est un nombre vivant et frissonnant. Une forĂȘt dit : feuille, feuille – – – – Millions de feuilles.
Valéry, Cahiers, Pl., t. II, p. 741.
34.2 L'arbre corps énorme entre la finesse de ses principes dans la terre et la finesse de ses conséquences aériennes.
Valéry, Cahiers, Pl., t. II, p. 1252.
♩ ☑ Loc. fig. Faire l'arbre fourchu : se tenir sur les mains, les pieds en haut, la tĂȘte en bas.
35 (
) l'arbre fourchu, les pieds Ă  mont, la tĂȘte en bas.
Rabelais, le Quart Livre, 19.
♩ ☑ Fam. Monter, grimper à l'arbre : se laisser prendre à une mystification. || On m'a fait monter à l'arbre.
♩ ☑ Loc. prov. Entre l'arbre et l'Ă©corce il ne faut pas mettre le doigt : il ne faut pas s'immiscer dans les dĂ©bats de famille.
36 Apprenez que Cicéron dit qu'entre l'arbre et le doigt il ne faut point mettre l'écorce.
MoliÚre, le Médecin malgré lui, I, 2.
♩ ☑ Loc. (Vieilli). Se tenir au gros de l'arbre, au parti le plus sĂ»r; s'appuyer sur ce qui semble le plus solide.
♩ ☑ Couper l'arbre pour avoir le fruit : tarir la source de la richesse (→ Tuer la poule aux Ɠufs d'or). — ☑ Couper le pied de l'arbre, abattre, arracher l'arbre (mĂȘme sens).
37 Quand les sauvages de la Louisiane veulent avoir du fruit, ils coupent l'arbre au pied, et cueillent le fruit. VoilĂ  le gouvernement despotique.
Montesquieu, l'Esprit des lois, V, 13.
38 Le laboureur, quand il a besoin de bois, coupe une branche, et non pas le pied de l'arbre.
Voltaire, in ƒ. compl. de Montesquieu, Note.
39 Le despote arrache l'arbre, le sage monarque l'Ă©branche.
Voltaire, Essai sur les mƓurs, 64.
40 (
) qui abat l'arbre pour en avoir les fruits.
Balzac, Melmoth réconcilié, t. IX, p. 297.
♩ ☑ Loc. prov. C'est au fruit qu'on connaüt l'arbre.
41 Ou admettez que l'arbre est bon, et que son fruit est bon; ou admettez que l'arbre est mauvais, et que son fruit est mauvais : car c'est au fruit qu'on connaßt l'arbre.
Bible, Évangile selon saint Matthieu, XII, 33 (cf. aussi VIII, 18).
42 Ce n'est que d'aprĂšs les fruits que je me suis permis de juger l'arbre.
Sainte-Beuve, Correspondance, t. I, p. 334.
♩ ☑ L'arbre, les arbres cache(nt) la forĂȘt : les dĂ©tails empĂȘchent de voir l'ensemble.
♩ L'arbre, symbole de vigueur, de rĂ©sistance, de tĂ©nacité  (dans des loc. compar. ou mĂ©taphoriques).
43 L'amour est comme un arbre, il pousse de lui-mĂȘme, jette profondĂ©ment ses racines dans tout notre ĂȘtre, et continue de verdoyer sur un cƓur en ruine.
Hugo, Notre-Dame de Paris, IX, 4.
44 Il résistait au temps comme un vieil arbre.
Maupassant, le Garde, Pl., t. II, p. 349.
45 Quand on veut d'une certaine façon intime et profonde, quand ce sont nos cellules qui veulent en nous, quand c'est notre inconscient qui veut, quand on veut avec la volontĂ© sourde, abondante et pleine de l'arbre vigoureux qui veut reverdir au printemps (
)
France, Histoire comique, XVII.
♩ Par mĂ©taphore ou fig. || L'arbre, symbole de la race, de la lignĂ©e (→ ci-dessous, III., arbre gĂ©nĂ©alogique, arbre de JessĂ©).
46 Le ciel mĂȘme peut-il rĂ©parer les ruines
De cet arbre (la race de David) séché jusque dans ses racines ?
Racine, Athalie, I, 1.
47 Il faut que cette force, cachée dans une race, aboutisse enfin ! C'est en nous que l'arbre Thibault doit s'épanouir : l'épanouissement d'une lignée ! Comprends-tu ça ?
Martin du Gard, les Thibault, II, 8.
♩ Arbre de la liberté : arbre plantĂ© sur une place publique comme symbole d'Ă©mancipation.
47.1 (
) comme à Paris on plantait des arbres de la Liberté, le conseil municipal décida qu'il en fallait à Chavignolles.
Bouvard en offrit un, réjoui dans son patriotisme par le triomphe du peuple; quant à Pécuchet, la chute de la royauté confirmait trop ses prévisions pour qu'il ne fût pas content.
Flaubert, Bouvard et PĂ©cuchet, VI.
♩ Arbre de mai : arbre plantĂ© le 1er mai devant la porte de qqn, en signe d'honneur.
♩ Mod., cour. || Arbre de NoĂ«l : sapin ou branche de sapin auquel on suspend des jouets, le jour de NoĂ«l.
♩ ☑ L'arbre de vie : arbre du paradis terrestre dont le fruit eĂ»t conservĂ© la vie Ă  l'homme avec son innocence. ☑ L'arbre de la science du bien et du mal : l'arbre au fruit dĂ©fendu.
48 Le Seigneur Dieu avait aussi produit de la terre toutes sortes d'arbres beaux à la vue, et dont le fruit était agréable au goût, et l'arbre de vie au milieu du paradis, avec l'arbre de la science du bien et du mal.
Bible (Sacy), GenÚse, II, 9.
49 Mais ne mangez point du fruit de l'arbre de la science du bien et du mal; car au mĂȘme temps que vous en mangerez, vous mourrez trĂšs certainement.
Bible (Sacy), GenÚse, II, 7.
♩ Psychol. || Test de l'arbre : test de la personnalitĂ© qui consiste Ă  interprĂ©ter le dessin d'un arbre.
———
II Par anal.
1 Arbre de la croix : la croix oĂč fut attachĂ© JĂ©sus.
50 Il est mort ignominieusement en l'arbre de la croix pour la rançon de nos péchés.
Trad. de Gelli, in Huguet, art. Arbre.
2 Mar. Vx. Mùt. || Arbre de trinquet : mùt de misaine d'un bùtiment à voiles latines.
3 Axe qui reçoit ou transmet un mouvement de rotation. || Arbre moteur ou arbre de couche. || Arbre de transmission. || Le balancier permet de transmettre le mouvement du piston de la machine Ă  vapeur Ă  un arbre moteur. ⇒ Bielle, manivelle. || Arbre Ă  cames (des moteurs Ă  explosion). → 1. Came, cit. 1. || Moteur Ă  double arbre Ă  cames en tĂȘte. || Arbre-manivelle (1873, arbre de manivelle). ⇒ Vilebrequin. || Arbre de transmission. || Le boitard, les coussinets d'un arbre de transmission. || RĂ©unir ou isoler deux arbres. ⇒ Embrayer. || Manchons d'accouplement d'arbres de transmission. || L'engrenage transmet le mouvement d'un arbre Ă  un autre. — Arbre d'hĂ©lice d'un navire. || Palier de butĂ©e de l'arbre d'hĂ©lice. — Arbre de couche.
51 On leur fait (aux nĂšgres) tourner Ă  bras l'arbre des moulins Ă  sucre.
Voltaire, Essai sur les mƓurs, 152.
51.1 Les quatre chùssis qui formaient les ailes (du moulin) avaient été solidement implantés dans l'arbre de couche, de maniÚre à faire un certain angle avec lui, et ils furent fixés au moyen de tenons de fer.
J. Verne, l'Île mystĂ©rieuse, t. II, p. 534.
———
III Ce qui a l'apparence d'un arbre.
1 Anat. || Arbre de vie : arborisation que présente la coupe longitudinale du cervelet.
2 Chim. anc. || Arbre de
 : arborisation. || Arbre de Diane (amalgame d'argent), de Mars (silicate de fer et carbonate de potasse), de Jupiter (Ă©tain prĂ©cipitĂ© par le zinc), de Saturne (cristallisation formĂ©e autour d'une lame de zinc plongĂ©e dans l'acĂ©tate de plomb).
♩ Alchim. || Arbre des philosophes : le mercure.
3 Arbre gĂ©nĂ©alogique : figure reprĂ©sentant un arbre dont les ramifications montrent la filiation des diverses branches d'une mĂȘme famille. — Arbre de Jessé : arbre gĂ©nĂ©alogique du Christ (en iconographie, reprĂ©sentĂ© comme un arbre, I.).
4 Arbre encyclopédique (vx) : tableau de l'enchaßnement des sciences et des arts représentés comme sortant d'un tronc commun.
5 Didact. SchĂ©ma reprĂ©sentant des trajets et des bifurcations et servant Ă  dĂ©nombrer des Ă©lĂ©ments, Ă  dresser des listes. ⇒ Alternative, branche (II., 1.). — Ling. ReprĂ©sentation graphique de la structure d'une phrase en constituants immĂ©diats, sous forme d'un schĂ©ma en arbre hiĂ©rarchisant les classes syntagmatiques. || Arbre Ă©tiquetĂ©. ⇒ Arborescence, arborescent. || Visualiser l'analyse linguistique d'une phrase par un arbre, par des parenthĂšses emboĂźtĂ©es. ⇒ ParenthĂ©sage.
❖
DÉR. et COMP. Arbrier. — (Du lat. arbor) ArborĂ©, arborer, arborescent, arboricole, arboriculture, arboriforme, arborisation, arborisĂ©, arboriser, arbrisseau. — Arbuste.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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   Dictionnaire de l'AcadĂ©mie Française 1798

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   Thresor de la langue françoyse

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